Considérations incongrues d'un simple villageois
Olivier Henri-Rousseau *
Le manuscrit où il est question du Petit Prince et de Simone Weil avait été rédigé pour un ouvrage des Presses Universitaires de Perpignan, Tradition humaniste et modernité scientifique 1350-2000, destiné à commémorer plusieurs événements (passage à l'An 2000, 650e anniversaire de notre université et remise de Doctorats honoris causa pour différents collègues étrangers). Avaient été sollicités les responsables de l'université et des centres de recherche afin qu'ils dégagent de leur spécialité de recherche, quelques « idées humanistes ». Le manuscrit ne fut pas jugé adéquat parce que trop sérieux et trop... laïc.
« Sans la technique, personne aujourd'hui dans le public ne s'intéresserait à la science. » Cette remarque de Simone Weil datant maintenant de plus de cinquante ans n'a point perdu de son actualité. Elle est en particulier vraie pour la physique, dans ses branches non pas appliquées, mais théoriques. Qui s'intéresse réellement dans le public au fait que la lumière puisse s'interpréter, à la suite des travaux de Maxwell, de manière électromagnétique, ou au fait que l'on puisse réduire les forces de gravitation à de la cinématique dans le cadre de la théorie de la relativité généralisée d'Einstein ? Qui médite encore, dans ce même public, sur l'interprétation statistique de l'entropie ou sur la réduction conceptuelle de la chaleur au mouvement ?
La vérité est que ces découvertes sont de peu de poids par rapport aux conséquences techniques qu'elles impliquent, et qui pour certaines ont bouleversé le monde pour le meilleur comme pour le pire. En fait la physique théorique tend à devenir, conformément aux desiderata du néopositivisme, un vaste système abstrait permettant une grande économie de pensée, susceptible d'un très grand nombre de prévisions, et qui peut conduire, grâce aux ingénieurs, à une infinité d'applications techniques. Bref la physique théorique se réduit alors à l'abstraction mathématique mise au service de la technique.
Comme on peut s'en rendre compte, le primat du technique sur le théorique est aujourd'hui tel que l'on en vient à ne plus même comprendre ce qu'est la signification première du qualificatif théorique. Si nous en croyons le dictionnaire gréco-francais Bailly, pour les Grecs qui nous ont légués non seulement le mot mais encore le concept, ce qui est théorique n'est pas tant ce qui est abstrait et qui s'oppose a l'empirique, mais ce que l'on aime contempler. La physique théorique, au-delà de son expression mathématique aride pourrait être un regard contemplatif sur la nature si cela n'était pas considéré aujourd'hui comme une perte de temps futile parce que stérile. Comment en est-on venu à ce mépris pour la dimension contemplative de la connaissance ? On peut se poser la question, quand on sait que les fondateurs de la physique étaient aux XVIe et XVIIe siècles de fervents platoniciens dont le maître n'a jamais cessé de chanter les mérites de la contemplation.
La situation n'est pas sans évoquer le conte indien que voici : un prince jeune, beau, juste et courageux régnait sur un royaume noble et puissant; il avait une jeune épouse noble et belle, qu'il aimait passionnément. Or il arriva que la belle princesse soit emportée en quelques jours par une maladie subite. On porte en terre la dépouille de la princesse. Le prince dévoré de chagrin, est inconsolable. Après de nombreux mois de deuil, il décrète que l'on construira un mausolée chargé d'immortaliser la princesse et l'amour que lui porte son royal époux. Aussitôt, les corps de métiers accourent; aucun matériau n'est trop beau. Sous la direction des architectes qui dressent des plans et les modifient sans cesse, dans le but de rendre l'édifice de plus en plus grandiose, le monument s'élève, de mois en mois, et d'année en année. Un jour on vient voir le roi qui suit de près les travaux : il y a un petit tumulus qui gène l'avancement du mausolée. Qu'à cela ne tienne, qu'on le détruise. Sitôt dit sitôt fait : on jette à la rivière les débris du tumulus. Et des restes, de pauvres restes humains... et princiers.
La contemplation chère à Platon et aux platoniciens a été jetée à la rivière. Le fait que les grands fondateurs de la physique théorique aient été des chrétiens platoniciens n'intéresse plus qu'une poignée d'érudits. Pourtant on peut se poser la question de savoir si ces grands ancêtres se seraient engagés dans leur entreprise s'ils n'avaient pas cru en la pensée platonicienne, avec ce que cela impliquait concernant la structure mathématique de l'univers anticipée dans le Timée, à la suite des Pythagoriciens mais non encore établie sur des bases solides. Pensons par exemple au travail de toute une vie engagé par le chanoine platonicien Copernic, pour transposer de manière héliocentrique la théorie des sphères homocentriques remontant aux Grecs. Pensons également à l'astrologue luthérien Képler, qui consacra vingt ans de sa vie à établir sa fameuse troisième loi. Et n'oublions pas Galilée, qui ne s'est pas seulement contenté, en bon platonicien chrétien, d'écrire que Dieu a écrit le grand livre de la nature en langage mathématique, mais a mis en pratique cette conviction, en engageant de nombreuses années de sa vie à chercher par voie empirique la loi mathématique de la chute des corps. Or ce sont ces hommes dont Newton, lui même platonicien, disait qu'il leur devait ses grandes découvertes : « J'ai été porté sur des épaules de géants. »
De la renaissance platonicienne, la physique contemporaine a conservé la mathématisation du réel; mais elle n'a retenu ni l'esprit de contemplation, ni l'amour pour ce qui est digne d'être contemplé, ni l'idée que l'ordre intelligible présent dans la nature est un reflet du Dieu créateur, source aimable de toute beauté et de tout bien. Les beaux esprits n'ont eu de cesse de s'extasier sur ce renoncement qualifié de libération purificatrice. Mais on est en droit de préférer sur le plan humain les maîtres non libérés de la Renaissance et des temps modernes épris de la beauté créée et de celle, invisible, dont elle est la manifestation, à ce qui est devenu le prototype de l'universitaire stigmatisé par Simone Weil dans les lignes qui suivent.
« Le premier mobile des savants, c'est purement et simplement le devoir professionnel. Les savants sont des gens qu'on paie pour fabriquer de la science; on attend d'eux qu'ils en fabriquent; ils se sentent obliges d'en fabriquer. Mais c'est insuffisant comme excitant. L'avancement, les chaires, les récompenses de toute espace, honneurs et argent, les réceptions à l'étranger, l'estime ou l'admiration des collègues, la réputation, la célébrité, les titres...
Aujourd'hui, dès qu'un savant a trouvé quelque chose, avant même d'en avoir mûri et éprouvé la valeur, il se précipite pour envoyer ce que l'on appelle une « note au compte rendu » afin de s'assurer la priorité. La facilité des communications... et une spécialisation poussée à l'extrême ont pour effet que les savants de chaque spécialité, qui constituent les uns pour les autres l'unique public, forment l'équivalent d'un village. Les cancans y circulent continuellement... La vie privée, la politique, les rivalités de carrière y tiennent une grande place; dès lors l'opinion collective de ce village est viciée par nécessité; or elle constitue l'unique contrôle du savant, car ni les profanes, ni les savants des autres spécialités ne prennent connaissance de ses travaux. La force des stimulants sociaux soumet la pensée du savant à cette opinion collective; il cherche à lui plaire. Ce qu'elle consent à admettre est admis dans la science; ce qu'elle n'admet pas en est exclu...
Ce village est clos; on n'y pénètre pas du dehors. Et même si on étudie pendant vingt ans les livres des savants, on est un profane à l'égard de la science; et les opinions des profanes n'ont aucun crédit dans le village, nul n'y porte la moindre attention... Un lecteur cultivé, un artiste, un philosophe, un paysan, un polynésien, sont tous au même degré, c'est-à-dire absolument en dehors de la science, et les savants mêmes sont en dehors pour toutes les spécialités autres que la leur...
Le goût de l'exactitude et du travail bien fait, le désir de faire parler de soi, la convoitise de l'argent, de la considération, de la réputation, des honneurs et des titres, les antipathies, les jalousies, les amitiés, tous ces mobiles et d'autres encore se mélangent chez les habitants de ce village comme chez tous les hommes. Comme ailleurs la lutte des générations et des personnes y produit une opinion moyenne, l'état de la science à un moment donné n'est pas autre chose; c'est l'opinion moyenne dans le village des savants. »1
Les villages de savants sont, cela va sans dire, des villages habités par des grandes personnes sérieuses qui sont toutes des docteurs au milieu desquels il n'y a pas de place pour les enfants n'ayant point atteint l'âge de la pensée critique. Mais convient-il qu'un enfant puisse entrer au milieu des docteurs ?...
« Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse... Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Et lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent... Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. » (Lc 2, 40–41; 46–47)
« La sixième planète était une planète dix fois plus vaste. Elle était habitée par un vieux monsieur savant qui écrivait d'énormes livres... le petit prince s'assit sur la table et souffla un peu.
— D'où viens-tu ? lui dit le vieux monsieur.
— Quel est ce gros livre ? dit le petit prince, que faites-vous ici ?
— J'écris pour la célébration du troisième millénaire.
— Dis, qu'est-ce que c'est, une célébration du troisième millénaire ?
Le vieux monsieur était très occupé et agacé d'être interrompu.
— Une célébration de troisième millénaire, c'est très important, c'est pour les grandes personnes, c'est sérieux. On écrit des gros livres que les grandes personnes ne lisent pas, parce qu'elles sont très occupées à écrire de très gros livres; et puis on se réunit pour prononcer des discours très longs que les grandes personnes n'écoutent pas parce qu'elles préparent leurs propres discours. On fait cela tous les mille ou deux mille ans.
« C'est amusant, pensa le petit prince, et c'est assez poétique, mais ce n'est pas très sérieux. Le petit prince avait sur les choses sérieuses des idées très différentes des idées des grandes personnes. »
Le vieux monsieur s'était remis à écrire. Le petit prince toussa. Le vieux monsieur releva la tête.
— Et il y a deux mille ans ? Le petit prince le fixait de ses grands yeux limpides.
— Il y a deux mille ans ? Petit prince... Il y a deux mille ans, un petit prince est né dans une étable : « Marie enfanta son fils le premier-né, et elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. » (Lc 2-7)
— Dis, dans le gros livre, il y a un peu de place pour eux ?
— Peut-être, je ne sais pas; les grandes personnes sont sérieuses et savantes; elles ont beaucoup de choses très importantes à écrire dans le gros livre du troisième millénaire.
— Et près de la mangeoire il y avait un mouton ?
— Oui, petit prince... un agneau. « Il y avait dans cette contrée des bergers qui vivaient aux champs et qui passaient les veilles de la nuit à veiller sur leur troupeau. Ils vinrent en hâte et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le nouveau-né couché dans la mangeoire. » (Lc 2, 8–16)
Voici enfin des personnes sérieuses, se dit le petit prince.
— Il y avait certainement alors une étoile dit-il à mi-voix... et une rose.
— Non pas une rose, mais la rose, la « rose mystique »... Et une étoile... « Voici que des mages venus du Levant se présentèrent... en disant : "où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile au Levant et nous sommes venus nous prosterner devant lui..." Et voici que l'étoile qu'ils avaient vue au Levant les précédait, jusqu'à ce qu'elle vint se placer au-dessus de l'enfant... Et entrés dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère et tombèrent, prosternés, devant lui. Et ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en don de l'or, de l'encens et de la myrrhe. » (Mt 2, 1–8)
— De la myrrhe, songeait le petit prince, de la myrrhe... Le regard du petit prince était pensif. La myrrhe, c'était pour le petit agneau ? demanda-t-il; l'agneau, j'en suis responsable, il est tellement faible.
— Oui, petit prince, pour l'agneau, l'agneau de Dieu immolé de toute éternité... Il est tellement faible. Le clair regard du petit prince était immobile. Fixait-il l'étoile ou bien l'agneau ? « Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement... ça ne fit même pas de bruit. »
« Alors Hérode voyant qu'il avait été joué entra dans une grande fureur et envoya tuer tous les enfants de Bethléem et de tout son territoire, depuis l'âge de deux ans. Et alors s'accomplit ce qui avait été prononcé : « Une voix a été entendue dans Rama, sanglots et longue plainte; c'est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, parce qu'ils ne sont plus. » (Mt 2, 16–18).
A l'hôtellerie des petits villages de savants, physiciens ou non, théoriciens ou non, y-a-t-il encore de la place pour le petit prince, le Prince de la paix ?...Y en-a-t-il sous les grands cimetières sous la lune, dont le monde moderne épris de techniques, de sciences et d'idéologies, s'est fait une spécialité ?
Omnia per ipsum facta sunt... Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la Vie, et la Vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas saisie.
Erat lux vera... Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas accueilli. » (Jn 1, 3–5; 9–11)
« Elle enfanta son fils, le premier-né et elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. Et il y avait dans cette contrée des bergers qui vivaient aux champs et qui passaient les nuits à veiller sur leur troupeau. Et l'ange du Seigneur se présenta à eux, et leur dit : "Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce la bonne nouvelle d'une grande joie, qui sera pour tout le peuple : il vous est né aujourd'hui un Sauveur, qui est Christ Seigneur. Et voici pour vous le signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire." » (Lc 2, 7–16).
Cet enfant, c'est le Serviteur Souffrant qu'avait annoncé le prophète Isaïe.
« Il a grandi comme un surgeon, comme une racine sortie d'une terre aride, sans forme, sans éclat pour attirer les regards, sans apparence pour le faire chérir, méprisé, délaissé par les hommes, homme de douleurs et familier de la maladie, comme quelqu'un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n'en faisions nul cas.
Or, ce sont nos maladies qu'il portait, nos douleurs dont il prenait la charge et nous, nous l'estimions frappé, atteint par Dieu et humilié. Mais lui, c'est à cause de nos forfaits qu'il était transpercé, à cause de nos fautes qu'il était écrasé. Le châtiment qui nous vaut la paix était sur lui, et par sa meurtrissure nous avons été guéris, nous suivions chacun notre chemin, et Yahvé a fait retomber sur lui notre faute à nous tous. On le maltraite, et lui s'humilie et n'ouvre pas la bouche, comme un mouton qu' on mène à l'abattoir, comme une brebis muette devant ceux qui la tondent, il n'ouvre pas la bouche, par contrainte et par jugement il a été enlevé et à son sort qui a réfléchi ?
Car il a été exclu de la terre des vivants, à cause du forfait de mon peuple il a été frappé... Mon serviteur juste en justifiera beaucoup, et c'est lui qui prendra la charge de leurs fautes... Il s'est livré lui même a la mort et avec les coupables il a été compté, alors que lui-même a porté le péché de beaucoup et que pour les coupables il intervenait. (Is 53, 2–8) »
Tel était le sauveur annoncé aux bergers. Mais pour être sauvé, encore faut-il prendre conscience du besoin d'être sauvé, et être capable de s'écrier à la suite de David :
Miserere mei, Deus secundum magnam misericordiam tuam... « Pitié pour moi, Dieu, en ta bonté, en ta grande tendresse efface mon péché, lave-moi tout entier de mon mal et de ma faute purifie-moi. Car mon péché, moi, je le connais, ma faute est devant moi sans relâche; contre toi, toi seul, j'ai péché, ce qui est coupable à tes yeux, je l'ai fait. » (Ps. 51, 3–6)
Ce cri du psalmiste, doit-on l'étouffer en soi ou chez les autres sous prétexte que les sciences, exactes ou non, sont passées par là, et que le bien, le mal, c'est comme des couleurs et des goûts, on en discute ?... Mais dans les grands cimetières sous la lune, cette aimable discussion imprégnée de relativisme bien élevé n'est pas de mise. Le mal est une réalité invincible à tous les pyrrhonismes positivistes ou non et à tous les dogmatismes idéologiques ou non. « Les scribes et les Pharisiens lui amenèrent une femme surprise en état d'adultère et, la plaçant au milieu, ils lui disent "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a commande de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?"...Mais Jésus se baissant, écrivait du doigt sur le sol. Et de nouveau, se baissant, il écrivait sur le sol... Quand ils eurent entendu, ils se retirèrent un à un, en commençant par les plus vieux. » (Jn 8, 9–11).
Cette reconnaissance d'une réalité personnelle mauvaise, le péché, le monde moderne croit avoir su s'en affranchir grâce aux progrès de la science. C'est là sans conteste son grand péché... « En effet, si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous égarons nous mêmes, et la vérité n'est pas en nous. » (1 Jn 1, 8). Nous pouvons développer indéfiniment les connaissances scientifiques, et prétendre ainsi atteindre la seule forme de vérité autorisée par le positivisme critico-empirique, nous nous égarerons nous mêmes, si nous disons que nous n'avons pas de péché; et, bien misérable sera alors la vérité que nous nous imaginerons avoir atteinte. Mais cela nous ne voulons pas le savoir, car nous sommes sages et intelligents. Le péché personnel, c'est bon pour les enfants et pour ceux qui ignorent la pensée critique et qui croient à la libération du péché, « Je te loue, dit Jésus a son Père, parce que tu as caché cela aux sages et aux intelligents, et l'as révélé aux enfants » (Lc 10, 21)... C'est de cela que fait mémoire le troisième millénaire, ou bien de rien.
Le petit prince avait sur les choses sérieuses des idées très différentes de celles des grandes personnes.
Olivier Henri-Rousseau
* Professeur de Chimie Théorique à l'université de Perpignan, directeur du Centre d'Etudes Fondamentales. Docteur en Sciences physiques, licencié en philosophie.
- Simone Weil, Les Cahiers du Sud, no 251, décembre 1942 (signé Emile Novis) repris dans Sur la Science, Gallimard, 1966 Col. Espoir, puis dans Oeuvres, Ed. Quarto-Gallimard, 1999, p. 579–592.