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La victoire sur le monde, c'est notre foi. (1 Jn 5, 4)
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Avertissement

Le caractère exceptionnel de ce premier numéro nous oblige pour cette fois-ci à restreindre certaines rubriques, telles que les notes de lecture ou les aspects pratiques de la formation chrétienne.

L'ossature générale apparaît cependant déjà pour l'essentiel.

Après la conférence de S.E. le Cardinal Poupard, que nous remercions de son bienveillant intérêt pour cette entreprise, l'éclairage du Magistère est présent dans l'article consacré par l'abbé Jean-Pascal Perrenx aux sources de la théologie morale. Cette synthèse ouvre un certain nombre de pistes à explorer dans de prochains numéros.

Trois brefs articles nous font participer à la vie de l'Eglise, au travers d'événements plus ou moins « médiatisés », mais dont la portée réelle dépasse le seul rapport des faits : la session d'enseignants théologiens francophones à Moulins, autour du Cardinal Schönborn, en juillet 2001, le Chapitre général de l'Ordre dominicain à Providence (USA), en juillet-août 2001, et la rencontre de prière autour du Saint-Père à Assise le 24 janvier 2002.

L'entretien accordé à Kephas par Mgr Michel Sabbah, Patriarche latin de Jérusalem, ne manquera pas de susciter des réflexions, tandis que la « carte postale » du Père Venard o.p. nous rend plus proche cette Jérusalem si mystérieusement crucifiée.

Le mystère de l'Incarnation est aussi tangible au cœur de l'Eglise visible, dans cette Rome éternelle que Pierre-Yves Fux nous invitera à visiter pas à pas au fil des trimestres, et pour ce premier pèlerinage, dans le sanctuaire par excellence de la Sainte Vierge, Salus populi romani. La prière du Saint-Père à l'Immaculée Conception, pour le traditionnel hommage floral de la place d'Espagne, résonne discrètement au cœur de ce premier numéro de Kephas.

Après la photographie qui appelle à s'embarquer vers le large — dont les lignes nous sont parfois bien difficiles à discerner —, Frédéric Andreu nous emmène respirer avec ces poésies qu'il égrène au long de ses voyages.

Il était dit que Kephas ne prétendait pas au conformisme, ni ne souhaitait favoriser la léthargie. Les trois articles suivants en sont l'illustration. Les « rencontres », tout d'abord, permettront régulièrement de faire connaissance avec une pensée, une personne qui, partageant ou ne partageant pas l'objectif poursuivi par la revue, mérite cependant un intérêt particulier à être connue autrement que par des relations de seconde main, qui sollicitent moins la vigueur critique. Ainsi que l'exposait joliment Pascal : « Il faut savoir douter où il faut, assurer où il faut, en se soumettant où il faut. Qui ne fait ainsi n'entend pas la force de la raison. Il y en a qui faillent contre ces trois principes, ou en assurant tout comme démonstratif, manque de se connaître en démonstration, ou en doutant de tout, manque de savoir où il faut se soumettre, ou en se soumettant en tout, manque de savoir où il faut juger. » Pierre Gardeil, qui connaît de longue date René Girard, l'a rencontré une nouvelle fois, pour nous faire connaître cet ami qui, depuis le Nouveau Monde, bouscule les catégories en usage dans les bibliothèques ou les salles de rédaction de la vieille Europe.

Avec le Père Bochensky o.p., maître en la matière, Mathias Izycki nous redonne le goût et la saveur des mots usés par la pensée unique, les dépoussière pour nous faire sobrement admirer leur patine et leur brillance.

Olivier Henri-Rousseau, enfin, nous emmène en compagnie de Simone Weil, du petit prince... et de l'Ecriture Sainte à poser un regard peut-être un tantinet impertinent sur les choses très sérieuses qui occupent les savants... Une autre version de l'esprit d'enfance.

Le fait marquant de la rentrée littéraire qu'a constitué l'édition de la « Bible Bayard » est-il également notable dans la transmission de la foi et la nouvelle évangélisation ? Mgr Guillaume, évêque de Saint-Dié, et le Père Venard o.p. nous donnent des éléments de jugement, le premier plus spécialement à partir du point de vue théologique et exégétique, le second plutôt du point de vue littéraire et culturel.

Après quelques notes de lecture et quelques brèves nouvelles, la « Télé sans écran » clôture ce premier numéro... Pierre Gardeil vous en dit plus sur sa fonction.

* * *

Parmi les numéros à venir se profilent pêle-mêle les articles suivants. Yves-Etienne Clément reviendra sur le colloque organisé en avril 2001 à Alger entre la Suisse et l'Algérie, autour de saint Augustin, colloque qu'il vécut de l'intérieur. Frédéric Laupies nous exposera la pensée de l'évêque d'Hippone sur la notion de mal.

Le Père Benoît-Dominique de la Soujeole éclairera le sens de la rencontre d'Assise à partir de la théologie de l'Eglise. L'abbé Vincent Richard réfléchira, à partir des données, sur la question cruciale de ce que l'on appelle pudiquement la « courbe des vocations » au cours de ces dernières décennies. L'abbé Philippe Airaud présentera un travail sur le statut des textes fondateurs des grandes religions, l'abbé Eric Pepino sur le mystère de l'Eglise chez sainte Catherine de Sienne.

Grégory Solari nous invitera à le suivre sur quelques « chemins de ronde » d'où nous pourrons voir comment la vieille confédération helvétique entend faire connaissance avec sa petite sœur européenne, encore en gestation, mais dont on ne sait pas bien ce que sera sa silhouette (ni de quelle ascendance elle se réclamera). On prévoit une réflexion autour du livre du Cardinal Ratzinger, L'esprit de la liturgie, qui connaît un vif succès en des « milieux » fort divers (invite à la réflexion, au passage, sur ce mot un peu trompeur), une autre en bioéthique, spécialement autour de l'arrêt Perruche, une autre sur la notion de Providence et ses retentissements dans la vie chrétienne etc.

Dominique Bonnet-Saint-Georges mènera une réflexion sur l'art religieux contemporain à partir d'un monument qu'elle connaît; une Dominicaine du Saint-Esprit nous fera part des fruits d'un long travail ponctué de méditations (à moins que ce ne soit l'inverse) sur l'icône de la Trinité de Roublev, « Splendeur du Trisagion ». Isabelle Mourral proposera, à partir d'un diagnostic nourri d'une longue expérience, des propositions alternatives aux méthodes actuelles en matière d'éducation. Denis Sureau donnera un point de vue original sur la mondialisation, en lien avec le livre de W. Cavanaugh, Eucharistie et mondialisation, paru en 2001 aux éditions Ad Solem. Pierre Gardeil nous fera méditer sur les vertus théologales (« Quel est l'objet de la foi ? », « Est-il raisonnable d'aimer son prochain ? »... on espère un titre prochain pour la deuxième vertu).

L'abbé de Servigny nous emmènera à travers quelques lectures dans le monde fascinant de Port Royal, dont les esprits contemporains sont peut-être encore proches de diverses manières, et Gérard Joulié analysera le rapport de Racine au jansénisme.

Jean Borella reviendra sur la notion, aujourd'hui controversée, du péché originel, avec les multiples implications qu'elle comporte en bien des domaines.

Olivier Henri-Rousseau nous fournira matière à réflexion sur la vertu de justice — peut-être plus — sur la base de quelques textes mis en perspective, Isaïe, Platon, saint Bonaventure, le Père Festugière, et organisera une table ronde autour du thème évolution-transformisme-évolutionnisme. Marc Parcé annonce, récoltées entre l'air du Canigou et les vignobles de Banyuls, quelques réflexions autour de la culture (de la vigne), de la foi chrétienne, du sens de la mort (ou de la vie), pimentées de lectures variées.

Bien d'autres encore, dont quelques surprises peut-être, mais toujours la voix du Magistère de l'Eglise, sans fard, « à temps et à contretemps » (2 Tim 4, 2) ; la poésie et l'art contemporains ou plus anciens, pour retrouver, contre l'acceptation néfaste de l'affadissement de la foi et de la mort de la culture — imposée par la culture de mort —, les correspondances fécondes entre foi et culture au cours des âges, le nôtre tout spécialement, puisque c'est celui qui nous intéresse au premier chef; les fondations d'une vie sacramentelle et de prière reçue de l'Eglise.

Merci à tous ceux qui ont exprimé leurs souhaits; la boîte aux lettres reste ouverte, par la poste ou l'internet.

Abbé Bruno Le Pivain

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