Octobre–Décembre 2002
Éditorial
Courrier de Noël
Abbé Bruno Le Pivain
Ce quatrième numéro ponctue la première année de la revue. C’est le moment de faire le point et de préparer l’avenir. Les projets ne manquent pas pour 2003. Le mystère de l’Incarnation donne la clé de cette interaction entre foi et culture qui façonne le christianisme.
Annonce
Au programme de Kephas 2003 :
l’enseignement catholique
Pierre Gardeil
Société
Est-il raisonnable d’aimer son prochain ?
Pierre Gardeil
L’Incarnation bouleverse l’ordre et les habitudes de la charité. Ainsi élevée à ce niveau d’exigence, que lui reste-t-il d’humain, de raisonnable ? Parmi les fleurs cueillies entre Sainte Écriture, musique, littérature et peinture, se dessine ce jardin de la charité. « Et qui est mon prochain ? » La solidarité organisée, les sagesses de substitution ne lui donnent pas de visage. L’amour-propre le défigure. Et si mon prochain était mon bienfaiteur ?
Idoles à abattre
Patrice de Plunkett
Les sagesses du monde ont leurs idoles, leurs cultes. Le paganisme contemporain n’est pas la sagesse antique qui préparait maladroitement, mais parfois si merveilleusement, l’Incarnation dans les âmes. Pour cette nouvelle religion, le prochain, c’est l’ego, que les temples de la consommation flattent pour l’asservir. Une nouvelle évangélisation passe par une nouvelle théologie de la libération, joyeuse de professer le « Credo de l’immortelle tradition » (Paul VI, Profession de foi) : libération des structures de péché pour une communion missionnaire dans le Christ Jésus.
Vie de l’Église
Chrétiens du Soudan — guerre, persécution et vitalité
Diacre Didier Rance
Le martyre des chrétiens du Soudan ne fait pas la une des medias. Dans ce voyage au bout de l’horreur, l’évangélisation fait des progrès surprenants. Sanguis martyrum, semen christianorum.
Vatican II, un Concile mal connu
Abbé Gérald de Servigny
Vatican II : un événement de l’histoire de l’Église au retentissement immense. Mais est-ce bien du même Concile dont tout le monde parle ? Quelques distinctions permettent de s’orienter parmi la forêt des commentaires ou des interprétations. Comment et pourquoi faire la différence entre le Concile « vécu » — l’histoire de l’événement — et le Concile « reçu » — les textes votés par les Pères ? Ou encore ce Concile pastoral comporte-t-il un enseignement doctrinal ? Quelle autorité a-t-il voulu lui-même attacher à ses orientations, et peut-on là aussi distinguer ? Cette mise en perspective théologique dérangera sans doute quelques idées reçues, mais elle laisse le champ libre à une lecture sereine.
Il y a quarante ans — l’ouverture de Vatican II
Yves Chiron
Sait-on que Pie XI, puis Pie XII, avaient projeté de réunir un Concile œcuménique ? Le Bienheureux Jean XXIII s’est finalement lancé là où ses prédécesseurs avaient renoncé. Au-delà de l’histoire du Concile lui-même, maintes fois parcourue, une étude précise du contexte historique, des différents projets successivement élaborés, en dit plus sur la perspective adoptée par le Magistère, notamment dans sa relation au monde.
Théologie
Les enjeux ecclésiologiques de « subsistit in » en Lumen Gentium 8
Abbé Albert Jacquemin
Pour la première fois, l’Église allait dire au monde ce qu’était l’Église. Non que l’ecclésiologie ait été absente de la pensée théologique dans les siècles précédents, mais ce n’est qu’à la faveur de circonstances historiques particulières que la réflexion, au sens propre, sur l’Église, a dû se développer, à partir de la Contre-Réforme. Quelques précisions sur son sens philosophique et sur la sacramentalité de l’Église amènent à mieux comprendre l’expression controversée de « subsistit in ».
Récapitulation sur l’évolution historique de la doctrine de la Corédemption
R.P. Bertrand de Margerie s.j.
De l’Incarnation à la Rédemption, la figure de la Sainte Vierge tient une place toute privilégiée. En cette année du Rosaire, il est bon de contempler la participation de Marie aux mystères de la vie du Christ. Les implications de la doctrine de la corédemption dépassent de loin, par leurs conséquences théologiques, la seule querelle apparemment byzantine sur le terme lui-même.
Rencontres
Vivre la liturgie
Entretien avec le Cardinal Medina
Dans ce dernier entretien accordé en tant que Préfet de la Congrégation du Culte divin, le Cardinal Medina revient sur le rôle de son Dicastère, sur le livre du Cardinal Ratzinger, L’esprit de la liturgie, sur la question des traductions liturgiques, sur la liturgie elle-même, cœur de la vie chrétienne. Kephas reviendra sur la liturgie, « le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. » (Constitution Sacrosanctum Concilium, n. 10)
Respiration poétique
Photographie
Pierre Parcé
Les Rogations
Jean-Louis Massoure
Elles ne sont plus guère pratiquées. N’illustrent-elles pas cependant de manière saisissante l’irruption du mystère de l’Incarnation dans la vie quotidienne, et le sens des premiers mots de la première encyclique de Jean-Paul II : « Jésus-Christ est le centre du cosmos et de l’histoire » ?
Histoire
Faut-il fêter le bicentenaire du Concordat ?
Abbé Jean-François Galinier-Pallerola
La question méritait d’être posée. Deux siècles après, la situation a considérablement évolué. La laïcisation est passée par là. Historia concordatorum, historia dolorum Ecclesiæ : que vaut aujourd’hui la formule ?
L’engagement social des croyants
Frédéric-Pierre Chanut
Compte rendu d’un colloque tenu à Strasbourg l’été dernier sur les diverses formes d’engagement social que peut susciter la foi. Au centre des communications, cette phrase de saint Paul : « Portez les fardeaux les uns des autres. » (Gal. 6, 2)
Spiritualité
Splendeur du Trisagion (III)
Une Dominicaine du Saint-Esprit
Au terme de cette étude en trois temps sur l’icône de Roublev, nous voici immergés dans le mystère de la Sainte Trinité, à la lumière duquel resplendissent celui de l’Incarnation, de l’Église du Verbe Incarné, de l’Eucharistie. Puissent ces pages, et l’image qu’elles commentent, nous faire goûter un peu plus combien est belle la vie en Dieu.
Visages de Rome
Piazza Navona : l’éphémère et le permanent
Pierre-Yves Fux
Qui ne connaît, au moins de nom, la fameuse place romaine ? Pour beaucoup, ces lignes évoqueront des souvenirs précis. N’est-ce pas l’un des lieux par excellence que l’on ne peut imaginer ailleurs qu’à Rome ?
Notes de lecture
Courrier des lecteurs — Quelques réactions
La télé sans écran
Avec mes vœux les meilleurs
Monsieur Télescope
Monsieur Télescope envoie ses vœux à Thierry Ardison, Hergé et Bernard-Henri Lévy. Sans manières superflues, et bien cordialement.
