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La victoire sur le monde, c'est notre foi. (1 Jn 5, 4)
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La vocation et les vocations
(extrait)

Inflexions du mot « vocation » aujourd'hui. Essai de définitions.

Laurent Camiade*

Le Père Guy Lescanne, supérieur du séminaire de Nancy, fait état d'une enquête auprès de 30000 adultes de 20 à 30 ans, dont 7000 répondent oui à la question : « Avez vous un jour envisagé de consacrer votre vie à une vocation religieuse ? » Si on leur demande pourquoi ils ne l'envisagent plus, ils répondent que le moment ne leur paraît pas encore venu : « un peu plus tard... ». Pour le Père Lescanne, c'est une profonde « crise du croire » que révèle la « crise des vocations ». Les jeunes ont du mal à croire en Dieu, et, plus encore, à croire en eux-mêmes et à faire confiance à l'Église.1

Par-delà la problématique de la « crise », les vocations dans l'Église en France au début du XXIe siècle sont une réalité bien vivante, riche de sens et même bouillonnante. On oublie trop de regarder ce qui existe lorsqu'on se lamente seulement sur ce qui n'existe plus. Sans donner non plus dans le « tout va très bien Madame la Marquise » qu'aiment chanter aujourd'hui des prédicateurs soucieux d'encourager leurs ouailles mais, en cela, ne parvenant pas à masquer leur crainte de regarder en face et paisiblement la réalité, prenons un moment pour écouter ce que l'Esprit-Saint dit à notre Église à travers la vitalité des hommes et des femmes qui répondent aujourd'hui généreusement à l'appel de Dieu.

A. La vocation et les vocations

Pour clarifier une réflexion sur la vocation, il n'est plus superflu de préciser le vocabulaire. S'il fut un temps (ce temps a-t-il existé ?) où le terme avait une signification univoque (parce que restreinte), ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Précisions de vocabulaire

Dans le langage populaire et profane, la vocation désigne deux types de réalités. Lorsqu'on dit de quelqu'un « il a la vocation », cela signifie qu'il s'acquitte d'une mission avec un dévouement exemplaire, qu'il agit sans s'économiser et pour le bonheur de toute la communauté humaine. Par contre, si on dit d'un autre qu'il agit « par vocation », c'est souvent avec l'accent péjoratif qui sous-entend : on ne peut pas lui faire de reproche, cela risquerait de le détruire psychologiquement car il s'est identifié à son action. Et dans bien des milieux on se méfie des « exaltés » qui prétendent s'engager « par vocation »...

(fin de l'extrait)

 

* Prêtre du Diocèse d'Agen, docteur en théologie, responsable du Service des Vocations. Auteur de Je guéris donc je suis. Pour une théologie de la guérison (mai 2001) et, à paraître : Vivre sa solitude en communion avec la solitude du Christ (mai 2003).

 


  1. Cf. Voyez comme ils s'aiment in Revue Jeunes et Vocations, no 105 (2002), p. 95–97.

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