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La victoire sur le monde, c'est notre foi. (1 Jn 5, 4)
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Le souffle de Dieu

Pascal Célérier*

Au commencement, l'Esprit de Dieu volait à la surface des eaux.

« La vie intime de Dieu, aucun univers n'en aurait jamais rien soupçonné si elle ne s'était mise, dès l'ère adamique, à visiter Adam en voisine sous forme d'une brise du soir. »

Mais Dieu n'était pas dans l'ouragan impétueux qui s'éleva devant la caverne où se tenait Elie; Dieu parla dans le bruissement d'un subtil murmure, d'une légère brise. Et Elie sortit, le visage voilé, pour l'écouter.

Dieu, comme le vent, ne se voit pas. Il s'entend, il s'écoute, on en sent les effets sans toujours savoir les nommer. Mais qu'importe, puisque c'est lui qui nomme et qui appelle ?

Et nous, poussières au milieu de ce vent qui va vers le Sud, tourne vers le Nord et tourne et tourne et s'en va, où allons-nous ? Nous pécheurs comme la paille qu'emporte le vent ?

Dieu, comme le vent, nul ne sait son origine, nul ne sait son aboutissement.

Oh, et les vents immenses, lointains, qui ont caressé les sommets enneigés, lavé les océans et les déserts, ces vents pleins des espaces du monde, entends-tu leur chant passionné, leur clameur ininterrompue, le murmure de ta muette création ?

« Il habite nos premiers cris, la bruine de nos larmes, l'embellie d'un sourire, puis nos derniers arrachements. On l'entend chuchoter dans les roseaux du Jourdain et dans les oliviers de Gethsémani.

Ce souffle de Dieu, est-ce que les explications ne le cachent pas ? Mais on ne met pas la main sur lui. »

Et nous, nous parlons, nous qui avons pourtant si peu de souffle. « Quand on nous questionne, il se mêle à nos réponses comme des applaudissements de feuillages et il nous fait dire du neuf, ou de l'ancien, ou des babioles, mais les juges ne s'y retrouvent guère.

Toutes les inspirations que Dieu dissémine dans l'univers, dans le texte et dans les recoins de l'âme nous arrachent à l'univers, au texte et à l'âme pour nous laisser en tête à tête avec le condamné. »

Dieu, comme le vent, ne s'est pas levé pour sauver son fils condamné. Mais quel vent déchira le rideau du temple en deux de haut en bas ? Et quel vent poussa la pierre du tombeau ?

Et Dieu, comme le vent, se remit à fouler sa création. On l'aperçut près du tombeau libéré, on le vit aussi sur la route d'Emmaüs, et puis en Galilée, dans son pays. Et puis ce fut une brusque bourrasque de vent et ce bruit remplit toute la maison et tous furent remplis du Souffle de Dieu.

 

* Texte de Pascal Célérier, avec des citations de Grosjean. Pascal Célérier est Professeur agrégé de Lettres.

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