Accueil | Abonnements | Contact | Coordonnées 
Recherche
La victoire sur le monde, c'est notre foi. (1 Jn 5, 4)
Charte | Rubriques | Rédaction | Archives | Liens

Vous êtes ici : Archives > avril-juin 2003

 

Quelle crise des vocations ?
(extrait)

Raymond Centène*

D'inquiétantes statistiques nous montrent que le nombre des séminaristes en France est aujourd'hui inférieur à mille. C'est la première fois qu'un chiffre aussi bas est avancé. Les autres pays d'Europe occidentale enregistrent la même baisse, tandis que de par le monde, le nombre global des entrées au séminaire et des ordinations est en hausse constante. Peut-on parler de crise des vocations ?

Cette crise, si elle existe, permet-elle de remettre en question l'organisation, voire la structure de l'Eglise, comme certains sont tentés de le faire en lisant dans cette situation un « signe des temps » qui les inviterait à une nouvelle ecclésiologie dans laquelle les ministères ordonnés, réduits à la portion congrue, voire en voie d'extinction, devraient laisser la place à un engagement de plus en plus important des laïcs dans l'exercice de la charge pastorale.

Existe-t-il une crise des vocations ? L'appel à consacrer toute sa vie à Dieu dans le service du Christ et de l'Eglise ne se ferait-il plus entendre ? Les chiffres semblent être là pour nous montrer que les vocations sacerdotales manquent à l'Eglise de France; certains diocèses n'ont pas eu d'ordinations depuis plus de dix ans, des séminaires ferment, partout des initiatives innovantes voient le jour.

Les créations de nouvelles paroisses sont-elles le signe d'une vitalité renouvelée de l'Eglise ou la seule conséquence de la suppression et du regroupement des anciennes, devenues impossibles à desservir ? La constitution d'équipes d'animation pastorale relève-t-elle de la vigueur d'un jeune laïcat, enfin libéré de la tutelle d'un clergé en fin de course et désireux de prendre à bras le corps sa vocation baptismale et sa pleine responsabilité missionnaire dans l'annonce de la Bonne Nouvelle ?

La crise de la vocation au ministère ordonné serait alors le signe d'un nouveau printemps pour l'Eglise. Certains en sont persuadés, qui estiment qu'un nombre encore inférieur de prêtres permettrait une plus grande responsabilisation des laïcs se substituant aux clercs, ce qui serait nécessairement bénéfique pour l'avenir de l'Eglise. Nous ne serions alors confrontés qu'à un problème d'organisation interne de l'Eglise, de partage des responsabilités entre clercs et laïcs. Soigner, même très énergiquement, les effets d'une maladie n'en supprime pas généralement la cause.

Dans les Orientations Pastorales qu'il donnait à son diocèse de Perpignan le 10 septembre 2000, monseigneur Fort, aujourd'hui évêque d'Orléans, faisait un diagnostic différent : « L'Eglise en Europe souffre d'une crise des vocations parce qu'elle souffre d'une démobilisation des adultes et d'une crise de l'évangélisation des enfants et des jeunes. »

C'est dans cette même perspective que le Saint-Père appelle à une Nouvelle Evangélisation du vieux continent. Là où des jeunes sont évangélisés, là où une vie spirituelle authentique leur est proposée, là où ils vivent des sacrements, là où ils apprennent à connaître et à aimer le Christ, cet amour peut devenir prioritaire et constituer le sens de leur vie jusque dans l'engagement le plus radical de leur existence à sa suite. Là où le sens du service et du dépassement de soi est honoré, l'appel à un plus haut service est entendu.

(fin de l'extrait)

 

* Curé d'une paroisse dans le diocèse de Perpignan dont il est aussi le Chancelier, l'abbé Raymond Centène est en contact, par son ministère, avec des séminaristes ou de jeunes scouts. Leurs aspirations et la tonalité que prend leur réponse à l'appel du Christ le poussent à s'interroger sur la réalité de la crise des vocations sacerdotales et sur l'accueil qui peut leur être fait dans une Eglise souvent vieillissante, qui tend parfois à s'habituer au manque de prêtres.

 

Retour au sommaire

 

  © Kephas, 5 rue Brault, F-49100 Angers, revue-kephas@wanadoo.fr