« Où sont vos gens religieux quand ils voient des enfants massacrés ? »
Destruction d’une famille nombreuse en Terre sainte
Par les temps qui courent au Proche-Orient, chers amis de Kephas, vous comprendrez que l’inspiration esthétique ou humoristique de mes précédentes chroniques fasse aujourd’hui place à un texte plus grave et même bouleversant. Et à ce petit « chapeau » un peu moralisateur – pardon !
Au cours des dernières années, bien des responsables officiels de la diplomatie et du dialogue interreligieux, dans l’Église catholique, ont eu des occasions de cosigner des textes condamnant le terrorisme à des fins religieuses avec des rabbins de divers pays, notamment d’Israël. Lorsqu’on vit au quotidien dans cette région, on ne peut manquer d’attirer également l’attention sur l’incroyable violence d’État qui y sévit quotidiennement dans les zones dites palestiniennes et qui n’est pas entièrement dénuée, malheureusement, de prétextes « religieux ». Parce qu’il n’y a ni dialogue ni amitié possibles sans vérité, on aimerait même que cela fût exprimé clairement : comme le rappelait le Saint-Père dans une audience aux évêques de Terre sainte il y a deux ans, les chrétiens de cette région sont en effet « écrasés par le poids de deux extrémismes différents » (« L’avenir des chrétiens en Terre Sainte », discours du jeudi 13 décembre 2001).
Tout récemment, le mercredi 26 mars 2003 sur les ondes de la BBC, le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, pourtant parti en guerre contre l’Iraq, a lui-même reconnu combien la conscience occidentale devait se reprocher le « deux poids, deux mesures » de sa politique proche-orientale, qui exige des Arabes l’application des décisions de l’ONU sans faire preuve de la même fermeté à l’égard d’Israël. Il rejoignait dans cette confession le franc-parler d’un autre ministre anglais, Clare Short, qui déclarait en janvier dernier que le Moyen-Orient avait quelque raison de se sentir de plus en plus victime d’une « énorme injustice » de la part des pays occidentaux.
La plupart des chrétiens vivant en Terre sainte en sont maintenant convaincus : tant qu’on n’est pas venu vivre quelque temps ici – et pas seulement dans un hôtel israélien ou une résidence ecclésiastique occidentale –, on ne se rend pas vraiment compte des injustices vécues au quotidien par les Palestiniens. C’est pour vous y aider, chers amis de Kephas, que je traduis un article récemment paru dans Haaretz, l’un des deux grands quotidiens israéliens. Recueilli par un journaliste israélien, il s’agit du témoignage de Chouqri Al Makadama, le père de famille palestinien dont la femme enceinte a été tuée et la maison détruite, il y a quelques semaines. Cela pourrait sembler une « bavure ».
Il y a quelques raisons de croire qu’il n’en est rien : il y a déjà plus d’un an, alors que le nombre de morts palestiniens depuis septembre 2000 venait de dépasser les mille, on apprenait qu’il incluait deux cents enfants ; à cette époque, plus de six cents maisons avaient déjà été détruites (cf. Amnesty international, bulletin d’information 042/02, 8 mars 2002, p. 1). Depuis, la situation n’a fait qu’empirer (voir le détail des opérations sur le site de l’Armée israélienne : http ://www.idf.il/newsite/french/). Bethléem, ces jours-ci, est tapissée de photographies de la petite Christina Sa’ada, chrétienne de douze ans, victime « par erreur » d’une embuscade il y a une semaine : elle serait le quatre cent sixième enfant tué par l’armée israélienne depuis septembre 2000 (voyez un autre article de Gidéon Lévy à son sujet, Haaretz, vendredi 4 avril 2003). Dimanche dernier, j’ai vu de mes yeux sa maman en pleurs, toute en noir, embrasser sa photo collée sur la porte du petit cimetière, dans la rue de la Grotte-du-Lait...
Dans cet article, avec son style propre, le souci de la vérité du journaliste, l’absolu de l’amour maternel exprimé jusque dans la mort, l’amour et la douleur de l’époux et du père simplement exprimés, trouvent des échos profonds dans nos âmes de chrétiens. Plus qu’émouvant, ce témoignage est édifiant : s’il s’en prend vivement aux responsables « politiques » de son désastre, le jeune veuf refuse de généraliser la haine, il en appelle à Dieu et à la conscience de ses frères et sœurs en humanité et en foi religieuse.
« DIEU » : sous ce nom, combien d’idoles ont envahi les cœurs, des deux côtés de la Terre sainte depuis des années, et dans le monde entier depuis quinze jours : la coutume ou l’idéologie religieuses, l’ethnie, la nation, l’État, les hommes d’État, une forme de régime politique, l’armée, la sécurité, le peuple, le profit, la terre ou tout simplement la force ! Au-delà de nos indignations passagères, puissions-nous nous engager, avec la force de la charité, à chercher la vérité et à poursuivre la justice, dans notre vie quotidienne, pour commencer, afin qu’enfin vienne LA PAIX !
fr. O.-Th. Venard o.p
« Sauve les enfants, Chouqri ! »
par Gideon Levy
Haaretz, Dimanche 16 mars 2003 – 2 Adar 12, 5763
Veuf depuis quelques jours, Chouqri Al’Makadama gît sur le sol, dans la maison de son frère. Le cou dans un carcan de plâtre, à cause d’une probable fracture de vertèbre, due à l’effondrement d’un mur sur lui, il allume cigarette sur cigarette. Il pleure sa femme morte et gémit de douleur.
Tout en fixant le plafond, il énumère calmement les événements survenus durant la terrible nuit où les forces armées israéliennes ont détruit sa maison et son univers – et tué sa femme, Noha Al’Makadama. Enceinte de son dixième enfant, elle en était à son neuvième mois. Chouqri s’exprime dans un hébreu coulant, qui témoigne de tant d’années de travail à Tel Aviv.
Une nuit de la semaine passée, très tard, l’armée est venue démolir la maison de la famille de Sami Abdel Salam. Cet adolescent terroriste avait été tué d’une balle, le 9 février, alors qu’il avait commencé, avec quelques autres, à tirer sur des soldats israéliens dans le camp de réfugiés de El Bureij, à Gaza. Au cours de l’opération, on a aussi détruit les maisons de sept autres familles – sans aucun préavis et alors que les habitants étaient encore à l’intérieur. Avant de perdre conscience, Noha, qui devait accoucher un de ces jours, a réussi à hurler à son mari de protéger les enfants et à lui tendre le petit porte-monnaie avec l’argent qu’elle économisait pour acheter une machine à laver. Il nous montre le porte-monnaie bleu, encore plein de pièces.
Noha a été enterrée vivante sous les gravats de sa maison, lundi dernier, et son enfant, encore à naître, est mort avec elle. Le général de brigade Gadi Shemani, commandant la division de Gaza, affirmait le jour suivant que l’armée israélienne n’avait « aucun élément » concernant la mort de cette femme et déclinait par conséquent toute responsabilité dans ce meurtre méprisable. Le ministre de la Défense, Shaul Mofaz, a dit quelque chose d’à peu près aussi incroyable au Conseil des ministres. C’est donc pour rendre service au ministre et au général que nous présentons ici toute l’histoire du meurtre de Noha Al’Makadala et de l’enfant qu’elle portait, assommés à mort durant la démolition de leur maison par l’armée israélienne.
En empruntant une ruelle étroite et sale, qui commence dans l’une des routes principales du camp de réfugiés de El Bureij, l’un des deux plus grands de la Bande de Gaza, vous arrivez à une place pavée. Tous les bâtiments, de l’autre côté de la place, sont réduits à l’état de tas de gravas – non seulement la maison que l’Armée de Défense Israélienne a démoli intentionnellement : celle de la famille Al-Salam, mais encore les maisons voisines, que l’armée n’a pas détruites aussi intentionnellement. De l’autre côté, ce sont les ruines de la maison de Sheikh Mohammed Taha, 67 ans, un membre du Hamas, elle aussi détruite à dessein cette même nuit.
En marchant par-dessus ce mélange de pierrailles, de morceaux de béton et morceaux de vêtements ou d’étoffes lacérés, vous atteignez la dernière pièce, au bout du grand champ de décombres. C’était la chambre à coucher de Noha et Chouqri Al’Makadama, dont la maison jouxtait celle du jeune terroriste. Deux murs humides tiennent encore debout ; quelqu’un a accroché une affiche improvisée à la mémoire de Noha sur un ventilateur qui pend à ce qui reste du plafond. Le lit double est couvert de tant de pierre qu’il est à peine visible. Un voisin de quinze ans, Jihad Abu Husni, se dresse au sommet des ruines et vous décrit ce qui s’est passé ici cette nuit-là, avec les grands gestes d’un guide de tourisme.
Ce qui reste de la maison des Makadama est près de s’effondrer. Le même constat s’étend aux maisons voisines. Les habitations de la famille Abu Riya, les deux maisons des familles Badwan, Makadama, Shahin et Ushah, mais aussi celle des Hir de l’autre côté de la route. Elles ont toutes été détruites – pas intentionnellement. Environ 90 personnes ont été privées de domicile à cause du fils d’un voisin, Sami Abdel Al Salam, 17 ans, qui s’était mis en tête, au nom des Brigades de Jérusalem du Jihad islamique, d’aller faire le coup de feu contre des soldats de l’armée israélienne à l’avant-poste près de Gush Katif, où il a été abattu. La maison de sa famille – deux chambres et une salle de séjour qui abritaient dix personnes – a été mise sur la liste des habitations à détruire. Pour des raisons de dissuasion.
Vêtu d’un survêtement bleu, le père de Sami, Adel, se déplace au milieu des ruines, hagard. Il dit qu’on lui a ligoté les mains, bandé les yeux, et qu’ensuite on a fait sauter sa maison. C’était vers minuit et demi, lundi dernier. Il dit qu’on lui a donné une minute pour faire sortir sa famille de la maison. Il dit qu’un soldat a également pris l’argent qui était dans sa serviette. Il avait parlé avec Sami avant son départ en classe, le jour où il a été tué. À trois heures, cet après-midi là, il a entendu aux informations que Sami avait été tué, avec deux amis plus âgés, Mohammed Nimar et Suleiman Maqaded, dans leur voiture. Ils étaient armés et avaient ouvert le feu sur des soldats. Le père ne sait rien de plus.
Tous les voisins veulent nous montrer ce qui reste de leurs maisons. Jamal Ushah raconte que les tanks sont arrivés à minuit et ont démoli la maison de Mohamed Taha, de l’autre côté de la route, un quart d’heure après. Ensuite, vers minuit et demi, leur pâté de maisons a été pris sous le feu des tanks et des hélicoptères. On peut voir de nombreux impacts. Les douze membres de cette famille s’étaient entassés dans la salle de bain, pour attendre, terrorisés. Tout à coup, ils ont entendu un grand « boum » et leur maison s’est effondrée. Il dit que personne ne les avait prévenus ; on ne leur avait pas intimé l’ordre d’évacuer la maison. Au contraire : un couvre-feu avait été imposé. C’est dans la salle de bain que la famille a survécu.
Chouqri Al’Maqadama raconte son histoire :
« Nous étions réveillés. Les enfants dormaient. Comment arrive-t-on à dormir pendant une telle nuit ? Le plus âgé a dix-sept ans et la plus jeune n’a pas encore deux ans. Noha en était à son neuvième mois. Soudain un mur est tombé sur nous. J’entendis Noha crier « Aide-moi, aide-moi ! » Je m’extirpai de force de tous les décombres et je découvris que le mur l’écrasait, ainsi que l’enfant. Ça se passait dans notre chambre, la pièce la moins exposée de la maison, où nous nous étions réfugiés pour nous protéger des tirs venant des tanks.
« J’ai ouvert la porte, j’ai couru dans la rue, en hurlant aux voisins de venir m’aider. Les tanks ont recommencé à tirer ; c’était terrifiant. Personne n’est venu m’aider. Comment l’auraient-ils pu ? Il fait noir, dehors, et personne n’a le droit d’ouvrir sa porte.
« Soudain je me suis rappelé que mon petit garçon de cinq ans, Youssouf, était venu dormir près de moi. J’ai commencé à retirer tous les bouts de mur et à les jeter dehors. Quand j’en eus retiré deux ou trois, il a soudain dressé son bras, en bougeant les doigts. J’ai compris qu’il était encore vivant. Je me suis mis à travailler comme un robot. Je voulais le sauver. Je voulais l’aider. Je l’ai retiré des gravats et soudain j’ai vu le garçon suivant, Mohammed, six ans, qui était venu s’endormir près de lui dans le lit. Lui aussi, j’ai pu le dégager. Il avait la tête et le visage en sang. Alors, j’ai soudain aperçu la chemise de nuit de ma fille Nour, qui a trois ans et demi. Je la voyais de dos. Je l’ai fait sortir. Majd s’était endormi derrière le lit. Il a dix-sept ans. J’ai senti que les gravats bougeaient. J’ai installé les petits dehors, et je me suis précipité vers lui. Je me suis mis à l’aider et soudain, il a dressé la tête en disant : « Aide-moi, Papa, aide-moi ! ». Je lui ai dit : « Toi aussi, tu vas m’aider, pour que je puisse t’aider. Pousse de toutes tes forces. » Comme ça, j’ai réussi à le faire sortir des décombres. Il m’a tout de suite dit : « Papa, il y a aussi Nisma ». C’est sa sœur de seize ans.
« La maison était noire de fumée et de poussière. « Où est Maman ? » demandaient-ils. Je la cherchais et soudain je l’ai vue, des morceaux de construction jusque sur la poitrine ; elle avait aussi de plus petits gravats sur la tête. J’ai commencé à la tirer. Majd m’aidait. Je disais aux enfants : « Calmez-vous ! Ne vous inquiétez pas. Tout va bien ». Ils pleuraient à cause de leurs autres frères et sœurs. Je leur ai dit : « Ne pleurez pas, essayez de les tirer de là-dessous ». À ce moment-là, j’ai cru que j’allais m’évanouir. Je ne pouvais plus respirer. Tout à coup, un voisin, Abu Khalil, qui est officier de police, a ouvert la porte : « les soldats sont partis ? » Je leur ai dit qu’ils étaient tous partis et je leur ai demandé de m’aider. Tout de suite, il est venu avec sa femme, ainsi qu’un autre voisin, Achraf Shahin et deux frères de la famille Abu Kattab. Quand ils ont vu notre état, ils n’ont plus pensé à ce qu’ils risquaient eux-mêmes. Ils ont commencé à m’aider.
« Ils ont sauvé Jamil, puis Nasim, puis Ala, puis Sajar. Les deux seuls qui restaient étaient ma femme et la petite de deux ans, Mona. Je leur ai dit qu’elle était à cet endroit précis du lit. Soudain, j’ai entendu les voisins crier qu’ils apercevaient ses cheveux. Ensuite ils ont commencé à retirer les gravats, et j’ai entendu ma femme qui disait : « Aide-moi, Chouqri, aide-moi ! Aide les enfants ! Fais sortir les enfants ! » Quatre ou cinq fois, elle a dit : « sauve les enfants, Chouqri ! » Mais je n’ai plus rien entendu. Je me suis évanoui.
« Quand j’ai ouvert les yeux, j’ai vu qu’ils la retiraient, ainsi que le bébé, des gravats amoncelés. Le bébé était dans un état grave. Je ressentais une douleur au cou. Ils les ont soulevées et les ont porté dans l’office de la maison voisine. Ils leur ont donné de l’air et ont appelé une ambulance. Mais les soldats ne voulaient pas laisser l’ambulance venir... La femme d’Abu Khalif, qui est infirmière diplômée, a commencé à aspirer le sable et la poussière du nez et de la bouche du bébé et aussi de ma femme. Les voisins dirent que si l’ambulance ne pouvait venir, nous l’emporterions à la clinique de l’UNRWA. Ils l’ont prise dans une couverture. Ils n’avaient pas fait cinquante ou soixante mètres que les soldats ont recommencé à tirer. Ahmed, Jamal et Zuhair l’ont alors posée par terre et se sont enfuits, parce qu’ils étaient terrorisés.
« Quand les tirs se sont arrêtés, des voisins sont venus la prendre et la porter à la clinique. Mais le temps d’y arriver, elle était morte. Ils m’ont conduit à l’hôpital. Quand j’y suis arrivé, j’ai demandé : « où est ma femme ? où sont les enfants ? » Je n’arrivais pas à croire qu’aucun d’entre eux fût vivant. Encore maintenant, je n’y parviens pas, même en les voyant. Ils sont tous dispersés, à présent, chez mes frères et sœurs. »
Depuis l’âge de douze ans, et jusqu’à trente-deux ans, Chouqri travaillait en Israël. Il travaillait dans les hôpitaux et quand il a épousé Noha, il l’a fait entrer dans le personnel à Ichiloff. Il raconte que pendant un temps, il a eu la responsabilité des services de nettoyage au Centre Dizengoff de Tel Aviv et qu’il habitait à côté. Il a aussi été associé dans un restaurant de hummus de la très chic rue de Sheinkin. Ni lui ni sa femme n’avaient jamais imaginé que rien de tel pût un jour leur arriver. À présent, il ne sait pas quoi en penser.
« Ils ont détruit ma vie. C’est déjà assez. Assez, assez. Mais ça ne va pas m’aider, maintenant. Ce Sharon fait grandir la haine. J’ai dix enfants. Que vais-je leur dire ? Que les Juifs ont tué leur mère ? Ce n’est pas vrai. C’est seulement Sharon et Mofaz qui ont tué leur mère. Les infirmières et les médecins à Ichilov, les malades et leurs familles – comment pourrait-on dire qu’ils sont mauvais ? Comment pourrais-je le dire à mes enfants ? Mais croyez-moi, ce que Sharon fait est une honte et c’est déshonorant pour le peuple Juif de choisir une personne pareille, un tueur aussi sanguinaire. Qu’est-ce que ma femme lui avait fait ? Et le bébé dans son ventre, qu’avait-il fait ?
« Vous ne pouvez pas savoir comme nous étions heureux et combien nous avions hâte de la naissance du bébé. Elle avait commencé à préparer des vêtements pour lui. Elle disait encore jeudi qu’elle partait au marché acheter quelque chose dont le bébé aurait besoin.
Sharon se soucie-t-il que je sois vivant ? Mais il a beau tuer et tuer – Dieu est là. Ce n’est pas le peuple Juif qui l’a choisi. C’est l’Amérique. Pendant la guerre de 1982, j’étais à Tel-Aviv et j’ai bien vu que les Juifs n’étaient pas d’accord avec ce qu’il a fait à Sabra et Chatila. Un vrai Juif ne tuerait pas un cancrelat, pas même un cancrelat.
« Nous ne vivons plus en 1920 ou en 1926. On est en 2003 et le monde entier voit ce que fait Sharon et on ne dit pas « c’est Sharon », mais « c’est tout l’État d’Israël qui le fait ». Il entraîne tous les Juifs avec lui. Où sont vos gens religieux ? Où sont les Haredim, quand ils voient des enfants massacrés ? Est-ce cela qui est dit dans votre Torah ? Que vous devez tuer des enfants ? Que vous devez tuer des femmes enceintes ? Qu’est-ce que je peux faire, moi ? C’est mon destin. Mais je ne hais pas les Juifs et tous ceux qui me connaissent, je suis sûr qu’ils sont en colère et qu’ils seraient venus me rendre visite si cela leur avait été possible. Je salue tous les gens qui me connaissaient à Tel-Aviv. »
