Le courrier des lecteurs
Comme promis dans l'éditorial du numéro 7, voici un aperçu du courrier reçu, qui vous est livré tel quel. Ces pages vous appartiennent. Elles seront un lien entre tous ceux qui écrivent dans Kephas, y travaillent d'autres manières, le lisent, en parlent, en ont entendu parler.
CONTINUEZ !
Félicitations pour la revue Kephas et pour sa bonne tenue ! Continuez ! Courage ! Avec mon amitié.
Mgr de L.
SOYEZ LISIBLES !
Je me suis donné le temps de la réflexion avant de me décider à m'abonner. C'est chose faite maintenant. Pourquoi ce temps de réflexion ?
Je serai très franc !
J'ai tout d'abord été rebuté par les titres de vos collaborateurs. Pas un qui ne soit agrégé de ceci, docteur en cela, spécialiste en xxxique !, maître en truc-chose, même les curés de campagne sont agrégés de l'université ! Par chance je dénichais un vigneron qui n'était que vigneron et un natif de mon patelin de naissance, Villeneuve sur Lot... quoique Docteur ès Lettres. Bon, tout n'était peut-être pas perdu !
Moi qui ne suis rien de tout cela, je me suis dit : voilà encore une publication d'érudits fumeux... ce n'est pas pour moi. Pourtant je me suis accroché... et j'ai bien fait. Certes, nombre de vos rédacteurs semblent être atteints de la maladie professionnelle des universitaires consistant à enrober des idées somme toute assez simples dans un fatras sémantique pédant et assez insupportable. Mon latin et mon grec inculqués à coup de pied au c... par les « Bons Pères » (qui n'avaient rien de bon ni de paternel !) dans les années cinquante sont bien lointains et des textes truffés de citations latines sont bien rebutants à prime abord.
J'ai malgré tout décidé de m'abonner. Les articles traitant de la vocation et de l'évolution m'ont ouvert beaucoup de perspectives et enfin j'entends la voix de Jean-Paul II.
J'ai remarqué ceci. Nous avons un pape qui s'exprime beaucoup (trop peut-être !). Or sa voix ne nous parvient pas ou alors tellement déformée qu'elle est inaudible. Que savons-nous, simples cathos de base, des textes pontificaux ? Une exécution en trois phrases lapidaires au « 20 heures », quelques articles dans les journaux tout aussi lapidaires. Même « La Croix », auquel je suis abonné depuis 35 ans, me laisse parfois sur ma faim.
J'espère trouver dans Kephas des commentaires sur ces textes trop souvent méconnus.
Je vais donc faire au moins un bout de chemin d'un an avec vous. J'espère qu'il sera plus long. Mais par pitié, sans tomber dans la facilité, pensez un peu aux pauvres bougres qui ne sont ni agrégés de philosophie, ni docteurs en droit canon, ni licenciés en théologie.
Soyez lisibles !
Merci et bonne continuation.
J.P. U. — 13 (par courriel)
Docteur, agrégé en xxxique... ce n'est certes pas ce qui importe aux rédacteurs de Kephas, pour autant que je les connaisse (et je les connais puisque ce sont des amis — au passage, avez-vous remarqué comme « connaissance » et « reconnaissance » font ici bon ménage ?). Leur fierté, s'il en faut une, leur carte d'identité plus simplement, tiennent plutôt dans cette formule scripturaire que vous trouverez reportée chaque trimestre sur la page de couverture. « ...C'est notre foi ! » Tous, diplômés ou non, se réjouiront assurément à la lecture de ce billet d'humeur que vous nous offrez, et apprécieront ce ton fleuri et cet esprit fraternellement caustique.
« Soyez lisibles » : parfait, et tellement juste. Ajouterai-je que vous touchez le point d'équilibre : hors de question de baisser l'exigence de niveau, tout en puisant abondamment dans tout ce qui permet à l'âme de respirer, à l'esprit de s'émerveiller; mais à la condition expresse que la lecture ne relève pas du parcours du combattant (même si, naturellement, certains sujets demandent un effort d'attention et que la variété doit aussi permettre à chacun de s'y retrouver).
Moyennant quoi Kephas n'est ni un magazine rassurant pour milieux bien-pensants, ni une livraison trimestrielle de jus de sirop pour calmer les velléités de la vie intérieure. Pour « bien penser » au sens où Pascal l'entendait — qui n'est pas celui précédemment employé —, il faut « travailler », précisait-il. La pédanterie et la cuistrerie ne remplacent pas la connaissance. L'opinion toute faite et le jugement court non plus. Et puisque vous citez Jean-Paul II, vous savez avec quelle insistance il fustige cette crise de la vérité, ce divorce entre la culture et la foi, qui vient aussi, pourquoi ne pas le dire, de la paresse et du conformisme d'un catholicisme mondain, qui nous guette tous et qui se satisfait trop facilement de « courants de pensées » ou de « tendances » là où il faudrait hardiment, sans fausse humilité, avancer au large, jusqu'à goûter ce gaudium de veritate qui n'est pas loin de la charité.
Quand, de plus, un vigneron banyulencq est embarqué dans cet équipage qui n'engendre pas la tristesse, voici qui vaut l'aventure ! Si vous trouviez qu'on s'y prenait trop au sérieux, n'hésitez pas à intervenir vigoureusement, vous nous rendriez un signalé service pour rectifier le cap.
B. le Pivain
ET L'ARMÉNIE ?
Lecteurs assidus de votre revue Kephas, nous avons apprécié dans le numéro 7 de juillet-septembre dernier l'article de Jean-François Noël sur « La chrétienté, l'Europe et le Grand Turc », qui nous semble être un rappel des faits historiques éclairant, au moment où se pose la question de la « vocation européenne de la Turquie ».
Cependant, un détail (si nous osons dire !) nous semble manquer dans le paragraphe relatif à la « barbarie turque » (p. 71, colonne gauche, deux dernières lignes et trois lignes suivantes colonne de droite; p. 72, cinquième ligne à gauche) : nous nous sommes étonnés de ne pas voir citées, après les « horreurs ayant ponctué l'émancipation des Balkans », celles, plus tardives, qui ont frappé en Anatolie les minorités chrétiennes, Arméniens et autres. Peut-on penser que c'est à ces « horreurs » que fait allusion le mot « solution » (finale) appliqué au cas arménien ?
M. et Mme M. — 24
En écho à mon article sur « La Chrétienté, l'Europe et le Grand Turc », vos lecteurs, M. et Mme M., nuancent leur aimable satisfecit d'un regret que je ne me sois pas davantage arrêté aux massacres d'Arménie. Ma mention (p. 72) de la « solution » (n.b. entre guillemets) appliquée au cas arménien m'était pourtant apparue suffisamment explicite, notamment dans le cadre d'un article chronologiquement positionné en amont du XXe siècle. A la réflexion, peut-être dois-je tout de même me reprocher d'avoir parfois — par souci de sérénité historique ou par goût d'une « méchanceté » habillée d'euphémismes... — eu le tort d'utiliser un mode d'expression trop allusif, — sur ce point comme sur d'autres. Ainsi en ai-je notamment usé en faisant état (p. 63 et 65) des propos « historiques » tenus par la plus éminente autorité de notre République, d'une manière ne laissant aucun doute sur le sens de mon article...
Jean-François Noël
FRANCIGENA !
Quant à Kephas, quel intéressant numéro je viens de recevoir ! L'article sur les Turcs, vif mais nuancé, m'a passionné, comme d'autres bien sûr. Pour l'anecdote, je vous signale une coquille (jacquaire, évidemment) que personne n'aura vue, comme toute celles qui sont écrites en grand et en gras : on a changé le titre de mon article de FranCIGEna en FranCEGIna !!!
[...] Soyez assuré que devant N-D de Roncevaux comme ailleurs, je vous ai porté et vous porte, ainsi que Kephas, dans mes prières.
Bien cordialement,
Pierre-Yves Fux — Japon (par courriel)
Dont acte. Entre Rome et Genève, l'Algérie, Ronceveaux ou le Japon, merci de nous aérer ainsi l'esprit !
LA RELIGION D'EINSTEIN
Je ne sais qui m'a abonné à votre Revue... mais cet anonyme m'a fait un très précieux cadeau !
J'apprécie énormément la qualité de tous les articles que vous y publiez, la sûreté et la profondeur de la doctrine, la variété et l'information moderne des nouvelles. Bravo. Votre Revue porte bien son nom.
Je pourrais signaler ce qui concerne les vérités de foi mais, en particulier, je voudrais remercier vivement le professeur Olivier Henri-Rousseau pour sa remarquable synthèse de la question de l'évolution. Bien que cela ne touche pas directement son sujet, j'aurais aimé qu'il cite les propos d'Einstein, rapportés en conclusion du livre de Lincoln Barnelt, Einstein et l'Univers, Gallimard. Je me permets de vous communiquer des extraits de cet ouvrage. Encore merci du service éminent que vous rendez à notre Mère l'Eglise. (Fin de la lettre).
Einstein, dont on a parfois critiqué la philosophie comme étant matérialiste, dit : « La plus belle et la plus profonde émotion que nous puissions expérimenter est la sensation mystique. C'est la semence de toute science véritable. Celui à qui cette émotion est étrangère, qui n'a plus la possibilité de s'étonner et d'être frappé de respect, celui-là est comme s'il était mort. Savoir que ce qui nous est impénétrable existe réellement, et se manifeste à travers la plus haute sagesse, la plus rayonnante beauté, sagesse et beauté que nos faibles facultés peuvent comprendre seulement dans leur forme la plus primitive, cette connaissance, ce sentiment, est au centre de la vraie religion. [...] Ma religion consiste en une humble admiration envers l'esprit supérieur et sans limites qui se révèle dans les plus minces détails que nous puissions percevoir avec nos esprits faibles et fragiles. Cette profonde conviction sentimentale de la présence d'une raison puissante et supérieure se révélant dans l'incompréhensible univers, voilà mon idée de Dieu. » (Extrait de l'ouvrage)
R.P. E. R., o.cd., Paris
VOUS N'ÊTES PAS ASSEZ CONNUS !
Il m'est particulièrement agréable de vous exprimer mes compliments les plus appuyés pour la remarquable tenue de Kephas. Le n° 7 de sept-oct. est lumineux, d'une très large ouverture, facile à lire (beaucoup plus facile pour un chrétien lambda... que certains des précédents).
Mais vous n'êtes pas assez connus, même dans les milieux « intellectuels ». Un de mes amis, ex-président de la Faculté des Lettres de X., originaire de l'ouest, à qui je parlais de Kephas cet après-midi, ignorait complètement l'existence de votre substantielle revue... A toutes fins que vous jugerez utiles...
G. H. — 13
Vous touchez juste... Il semble cependant d'après de nombreux échos que, petit à petit, l'audience réelle s'étoffe régulièrement Reste à rejoindre effectivement tous ceux qui « en ont entendu parler », mais n'ont pas encore vu l'objet. Ils sont nombreux. Nos moyens sont limités. Le meilleur agent reste le lecteur convaincu. Des prospectus, des numéros de présentation sont à sa disposition...
TISSERAND
Toujours heureux de la livraison de Kephas, dont je goûte la variété et le sérieux des articles, je voulais vous dire combien, après les premiers numéros riches mais parfois un peu dispersés, ce numéro 7 m'a plu par sa cohérence. Vous gardez la variété mais vous trouvez un « ton », et ce ton est bon, plus accessible et « coulant ». (...)
J'émettrais quelques bémols sur la vision proposée du cardinal Tisserand, « Le Français » (p. 47–48). Certes, il s'agit du compte rendu d'un colloque, au reste fort intéressant, mais le « réalisme » de « l'engagement républicain » du cardinal, le « médiateur » entre « le régime de Vichy » et « la France légitime et gaulliste »... appelleraient à mon sens quelques nuances, dont le personnage n'était d'ailleurs pas avare.
Bon courage dans votre belle entreprise; je prie pour qu'elle atteigne son but.
L. B. — 78
Comme vous le remarquez, il s'agissait effectivement du « compte rendu d'un colloque », non d'une analyse historique en tant que telle. Merci de vos encouragements, avec vos prières, ils sont une contribution bien venue.
DEUS ADJUVAT VOS !
...En vous remerciant encore pour cette revue passionnante. Et qui me rend de grands services autant pour une culture générale à développer que pour des exposés à préparer ou des études plus précises. Merci pour sa richesse et sa diversité. Son point de vue objectif servira Kephas !
Deus adjuvat vos !
Un séminariste diocésain