Octobre–Décembre 2003

Le principe du moindre mal

Jean-Pascal Perrenx*

Le principe du moindre mal est connu : « Entre deux maux, il faut choisir le moindre : ex duobus malis minor est eligendum ».1 Son emploi est communément reçu, mais certains auteurs manifestent des réticences. 2 Il paraît nécessaire de clarifier la question.

Après un bref rappel historique, nous en donnerons la clef d’utilisation fournie par le Magistère, avant d’en étudier les applications, en particulier le cas du conseil.

Le principe dans l’histoire

Chez les Pères et les Docteurs, une recherche sur les cédéroms de Migne et du Corpus Christianorum relève saint Augustin et saint Grégoire.

La position exacte de saint Augustin est difficile à déterminer : par certains écrits, il semble opposé au principe3 ; par d’autres, il l’applique4. Un texte augustinien est souvent cité en faveur du principe. Il traite du cas du mari trompé par sa femme, qui peut soit tuer celle-ci soit la tromper à son tour : « Si le sujet [à savoir le mari] est déterminé à agir, qu’il commette l’adultère, mais qu’il ne soit pas meurtrier ». Ce passage paraît légitimer un moindre mal (l’adultère), plutôt qu’un plus grand (le meurtre de l’épouse). Le contexte exclut pourtant cette interprétation, car le saint Docteur précise à la phrase suivante : « Puisque ce sont là deux crimes, il ne doit pas perpétrer l’un en vue de l’autre, mais les éviter tous les deux »5.

Saint Grégoire le Grand indique la teneur de l’axiome : « Lorsque l’esprit est contraint entre des péchés mineurs et de grands péchés, s’il n’a absolument aucun moyen d’échapper au péché, les mineurs doivent être choisis »6. Toutefois, il maintient une restriction importante (« s’il n’a absolument aucun moyen… »).

Le canoniste Gratien, dans ses fameux Décrets (vers 1140), l’applique à tous nos actes : « entre deux maux, il faut choisir le moindre : aussi bien pour jurer, que dans nos actions »7. Saint Thomas l’utilise dans la Somme Théologique (IIa-IIæ qu. 111, art.1 et 4 ; IIIa qu. 68, art. 11 s3 et qu. 80, art. 6 s2). Il passe même dans l’Imitation de Jésus-Christ mais disparaît dans la traduction de Lamennais.8

Le Docteur de la morale, saint Alphonse, affirme qu’« il s’agit d’une raison très solide de dire que de deux maux le moindre est permis pour éviter le plus grand » et en donne une illustration : « devant un péché matériel et un péché formel, il vaut mieux se garder du formel » (TM 6, 610).

Le principe dans le Magistère

Mise à part son utilisation par Innocent III, le principe est énoncé par Pie XII,9 repris et surtout explicité par Paul VI puis Jean-Paul II :

« En vérité, s’il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d’éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n’est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu’il en résulte un bien (Rm 3, 8), c’est-à-dire de prendre comme objet d’un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l’intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux » (Paul VI, encyclique Humanae vitae nº 14 et Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor nº 80).

La précision est capitale : pour une juste analyse morale, il faut différencier le fait de tolérer un moindre mal (de quelqu’un d’autre), du fait de l’accomplir soi-même.

L’application générale du principe

Il convient de distinguer entre faire soi-même le moindre mal et le tolérer chez autrui. Un problème délicat est celui du conseil.

Accomplir le moindre mal moral n’est jamais permis.

Le cas d’un mal moral. – Accomplir soi-même le moindre mal moral n’est jamais permis, même pour de très graves raisons, que celles-ci soient un bien terrestre ou spirituel (« afin qu’il en résulte un bien » [a fortiori éviter un mal !], « même avec l’intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux », HV 14). Rappelons qu’il n’est jamais permis de pécher soi-même, même véniellement, pour empêcher un péché mortel d’autrui (qui est le mal moral par excellence) :

« L’homme doit s’aimer soi-même de charité plus que son prochain et ne doit pas, pour préserver son prochain du péché, encourir soi-même le mal du péché, qui contrarierait sa participation à la béatitude » (saint Thomas, IIa-IIæ qu. 26, art. 4).

La raison est obvie : ce serait prendre comme objet d’un acte positif de volonté ce qui est un désordre.

Le principe du moindre mal n’est pas applicable dans le cas dit « de perplexité », c’est-à-dire lorsqu’un homme se voit contraint de choisir pour lui même entre deux péchés : le péché ne peut jamais être accompli par soi-même et le principe devient : « ex duobus malis nullum eligendum : entre deux maux, il ne faut en choisir aucun [pour soi] ». D’ailleurs, le cas de perplexité semble ne pas exister car il reste une troisième solution, celle de l’abstention. La conscience perplexe est une méticulosité maladive de la conscience qui craint de pécher quoi qu’elle fasse devant une alternative : il s’agit presque toujours de fausses alternatives qui cèdent devant un conseil éclairé, ou de scrupules (perplexité du garde-malade qui ne peut assister à la messe un dimanche). Aussi, le perplexe doit-il s’abstenir d’agir jusqu’à pouvoir consulter un sage ; tel est le conseil de saint Alphonse : « Si l’homme qui a une conscience perplexe peut surseoir à son action, il le fera pour consulter des personnes mieux informées ». En cas d’urgence, saint Alphonse précise :

« S’il faut agir sans délai, il est tenu de choisir le moindre mal en évitant de transgresser le droit naturel plutôt qu’une loi positive humaine ou divine. Dans le cas où on ne peut discerner quel est le moindre mal, on choisira le parti que l’on voudra et on ne péchera pas car, en pareilles circonstances, manque la liberté nécessaire à l’existence du péché formel » (TM 1, 10).

Le cas d’un mal physique. – Quand il s’agit d’un mal purement physique (objet physique et non moral), il convient de choisir le moins nocif, comme le médecin choisit, entre deux médicaments, celui qui a le moins d’effets secondaires néfastes. C’était déjà la solution de saint Alphonse précédemment citée dans l’alternative entre péché matériel et péché formel.

Il peut être licite de tolérer le moindre mal.

Tolérer un moindre mal est laisser se produire ou subsister une chose qu’on aurait le droit ou la possibilité d’empêcher chez autrui. La fin honnête est nécessaire : « pour éviter un mal plus grand ou promouvoir un bien plus grand » (raison proportionnée).

Quant à la tolérance publique, Léon XIII en a exprimé les fondements, qui seront repris par Pie XII :10 « L’Église, tout en n’accordant de droits qu’à ce qui est vrai et honnête, ne s’oppose pas cependant à la tolérance dont la puissance publique croit pouvoir user à l’égard de certaines choses contraires à la vérité et à la justice, en vue d’un mal plus grand à éviter ou d’un bien plus grand à obtenir ou à conserver » (encyclique Libertas praestantissimum).

Ce faisant, l’Église ne fait qu’imiter Dieu qui permet l’existence de certains maux dans le monde, tantôt pour ne point empêcher des biens plus grands, tantôt pour empêcher de plus grands maux. Le gouvernement des États doit l’imiter. Comme l’autorité des hommes, contrairement à celle de Dieu, n’est pas toute-puissante, elle doit « permettre et laisser impunies bien des choses qu’atteint pourtant et à juste titre la vindicte de la Providence divine ».11 Cependant, et le fait doit être relevé, il y a loin de l’approuver : « Si, en vue du bien commun et pour ce seul motif, la loi des hommes peut et même doit tolérer le mal, jamais pourtant elle ne peut ni ne doit l’approuver, ni le vouloir en lui-même, car, étant de soi la privation du bien, le mal est opposé au bien commun que le législateur doit vouloir et doit défendre du mieux qu’il peut. Et en cela aussi la loi humaine doit se proposer d’imiter Dieu, qui, en laissant le mal exister dans le monde, ne veut ni que le mal arrive, ni que le mal n’arrive pas, mais veut permettre que le mal arrive. Et cela est bon (Ia qu. 19, art. 9, s3). Cette sentence de saint Thomas d’Aquin contient, en une brève formule, toute la doctrine sur la tolérance du mal. Mais il faut reconnaître, pour que notre jugement reste dans la vérité, que plus il est nécessaire de tolérer le mal dans un État, plus les conditions de cet État s’écartent de la perfection » (Léon XIII, encyclique Libertas praestantissimum).

Le cas du conseil – Un cas particulier d’application du principe du moindre mal est celui du conseil : est-il licite de conseiller à une personne décidée à accomplir un péché, d’en faire un moins grave, comme de s’enivrer plutôt que d’assassiner quelqu’un ? Les solutions sont diverses mais semblent devoir se résoudre par l’application des principes moraux de la coopération au mal.

Les positions en présence. – Il existe plusieurs positions :

1o – la première position, avec le cardinal Cajetan, déclare un tel conseil toujours illicite car ce serait conseiller un mal et induire la personne à le commettre. La fin paraît bonne (éviter un péché plus grave), mais le moyen est mauvais (conseiller un péché) : la fin ne justifie pas les moyens. En outre, sur le plan de la conscience, conseiller le moindre mal revient à ajouter un nouveau péché à celui déjà commis dans la volonté : par exemple, je conseille à celui qui veut commettre un meurtre de se contenter de ruiner son adversaire en le volant ; déjà meurtrier par sa volonté, il devient aussi voleur en acte.

2o – la seconde position juge le conseil licite, mais avec de nombreuses nuances :

* certains le jugent toujours licite sans restriction, car tendant non au mal mais au contraire à éviter un mal ; l’expression « conseiller le moindre mal » est impropre, il s’agit en fait de« dissuader du mal plus grand » ;

* d’autres exigent pour la licéité que l’acte conseillé ne lèse aucune tierce personne ;

* d’autres ne l’acceptent que si le péché conseillé est de même nature que le péché déterminé, mais d’intensité moindre (par exemple conseiller de voler 1.000F au lieu de 100.000F : alors il n’y a pas de nouveau péché).

* d’autres exigent pour la licéité que le pécheur soit déterminé à pécher. Alors le conseil ne suggèrerait pas un mal mais un bien, par exemple dire à un voleur qui veut tuer le propriétaire pour lui prendre ses biens : « prenez seulement les trésors » ; le vol était déjà décidé et ne s’accomplit pas à cause du conseil. Aussi, le sens des paroles, malgré le caractère littéral, n’est-il pas de conseiller le vol, mais de déconseiller l’homicide : cette position est jugée « plus probable » par Saint Alphonse. L’effet du conseil serait d’éviter le mal plus grand, non de produire le moindre.

Une forme de coopération. – La difficulté de la seconde position, qui juge licite le conseil, réside dans le fait qu’on voit mal comment il n’y aurait pas un mépris implicite de la loi divine à conseiller de faire un péché. Le fin mot de l’affaire semble revenir à l’étude de la coopération : le conseilleur assume-t-il en sa propre conscience la mauvaise intention du conseillé ?

La coopération est le concours physique ou moral prêté à l’action d’un autre sujet. Les théologiens décrivent neuf modes de coopération, six positifs (celui qui commande, qui conseille, celui qui consent – c’est le cas de l’électeur par son vote –, celui qui encourage, celui qui cache et celui qui reçoit un profit de l’action) et trois négatifs (celui qui se tait avant l’acte, qui ne l’empêche pas pendant, qui ne le dénonce pas après). La distinction capitale se fait selon l’intention entre les coopérations matérielle et formelle : la coopération formelle s’associe à l’intention de l’agent principal et donc à sa bonté ou malice ; la coopération matérielle ne s’associe en rien à la mauvaise intention.

Le principe d’appréciation morale est rappelé par Jean-Paul II :

« Il faut rappeler les principes généraux sur la coopération à des actions mauvaises. Les chrétiens, de même que tous les hommes de bonne volonté, sont appelés, en vertu d’un grave devoir de conscience, à ne pas apporter leur collaboration formelle aux pratiques […] en opposition avec la Loi de Dieu. […] Du point de vue moral, il n’est jamais licite de coopérer formellement au mal » (encyclique Evangelium vitae nº 74).

Les trois premières formes citées de coopération (commander, conseiller, consentir) impliquent un partage de la mauvaise intention : elles sont toujours formelles. La coopération formelle au mal n’est jamais permise, puisque la volonté se porterait au mal : il y aurait approbation du péché d’autrui. Il y aura même une double malice : contre la charité et contre la vertu opposée au péché. Contre la charité, car le bien de la personne requiert que chacun agisse selon la droite raison, mais aussi, autant qu’il dépend de lui, qu’il donne aux autres les conditions favorables à leur bien, en les aidant de ce que la théologie appelle l’aumône (cf. IIa-IIæ 32). Outre les sept aumônes corporelles (nourrir les affamés, désaltérer les assoiffés, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, visiter les malades, racheter les captifs, ensevelir les morts), il y a aussi sept aumônes spirituelles (instruire les ignorants, conseiller ceux qui hésitent, consoler les affligés, corriger les pécheurs, pardonner à l’offenseur, supporter les gens difficiles et pénibles, prier pour tous). Parmi ces aumônes, instruire, conseiller et corriger rentrent dans le cadre de la coopération. Rappelons que l’aumône est de précepte envers le prochain en nécessité.

Applications particulières

Les applications sont innombrables. Nous en retenons deux : ne vaut-il pas mieux la contraception qu’un avortement ? Peut-on conseiller l’usage du préservatif en cas de SIDA ?

La contraception. – La non-application du principe du moindre mal est claire dans le cas du conseil de la contraception, car la contraception est un acte intrinsèquement déshonnête :

« On ne peut invoquer comme raisons valables, pour justifier des actes conjugaux rendus intentionnellement inféconds, le moindre mal ou le fait que ces actes constitueraient un tout avec les actes féconds qui ont précédé ou qui suivront, et dont ils partageraient l’unique et identique bonté morale. […] C’est une erreur de penser qu’un acte conjugal rendu volontairement infécond et, par conséquent, intrinsèquement déshonnête, puisse être rendu honnête par l’ensemble d’une vie conjugale féconde » (Paul VI, encyclique Humanae vitae nº 14 et Cf. Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor nº 80).

Le raisonnement peut être objecté à ceux qui prônent la diffusion de la contraception pour diminuer le nombre d’avortements : la contraception est un acte intrinsèquement pervers qui ne peut jamais être accompli pour aucune raison. On sait que « les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte subjectivement honnête ou défendable comme choix » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor nº 81).

Le conseil du préservatif en cas de SIDA. Un cas récent est délicat : peut-on conseiller le préservatif en cas de SIDA ? Par delà les caricatures simplificatrices (ainsi de l’Abbé Pierre : « si tu es pécheur ne sois pas en même temps criminel », c’est-à-dire « n’ajoute pas une faute contre le cinquième commandement à une contre le sixième »), certains l’ont pensé.

Sur le plan médical, le conseil laisse perplexe. En effet, le préservatif agit comme un filtre ; il n’est déjà pas sûr comme anticonceptionnel (il aboutit à une conception jusque dans 15% des cas) ; or le virus du SIDA est plus petit que le spermatozoïde, comme une bicyclette à côté de la tour Eiffel (comparaison du Professeur Lestradet de l’Académie de Médecine). Il n’est donc a fortiori pas sûr comme prévention d’infections.12

Sur le plan moral, le moindre mal peut se tolérer mais jamais se faire car il est alors un mal moral. L’acte de conseiller publiquement et en général le moindre mal n’est pas admissible : il est une coopération formelle au mal. Dans le cas des homosexuels, le préservatif n’est pas utilisé à des fins anticonceptionnelles, mais l’acte lui-même est intrinsèquement mauvais : il y a un devoir grave de justice de s’abstenir absolument de tout rapport sexuel ; dans le cas d’hétérosexuels, l’acte sexuel ne serait plus conjugal (le préservatif détruit par la barrière) et donc gravement immoral. Au niveau du devoir d’éducation des parents (on pourrait ajouter de l’État dans les écoles), rappelons l’avertissement du Saint-Siège qui reprend le double argument scientifique et théologique précédent.13 Le seul conseil est l’abstention (cf. les articles de l’Osservatore Romano opposés à l’introduction de distributeurs de préservatifs dans les lycées en Italie).

Relevons enfin qu’affirmer que l’homme ne peut résister à une pulsion sexuelle est une erreur théologique qui nie que la grâce rédemptrice du Christ soit en mesure de nous libérer de tout mal, corollaire d’une vision anthropologique faussée où l’homme est dominé par des forces inconscientes. Une telle approche est contraire à l’enseignement du Concile de Trente (session 6, § 11 ? Denzinger nº 1536) : Dieu ne refuse sa grâce à personne, mais s’il veut la donner, il ne la donne qu’à ceux qui la demandent. En ce sens, affirme saint Alphonse, « celui qui prie se sauve certainement [car il reçoit la grâce demandée], celui qui ne prie pas se damne certainement » (Catéchisme de l’Église Catholique nº 2744) et « si vous priez, votre salut est assuré ; si vous cessez de prier, certaine aussi sera votre damnation ».

Prétendre appliquer le principe du moindre mal ici comporte une erreur de logique : nous ne sommes pas devant l’alternative entre deux maux, il demeure toujours la voie de l’abstention.

En conclusion, le principe du moindre mal n’est pas général, mais limité à la tolérance d’un moindre mal chez autrui. Conseiller le moindre mal, rentrant dans le cadre de la coopération formelle au péché d’autrui, n’apparaît pas acceptable en une éthique responsable.

* Prêtre du diocèse d’Aire et Dax. Docteur en médecine et radiologue des hôpitaux. Docteur en théologie de l’Université grégorienne à Rome. A travaillé durant quatre ans au service du Saint-Siège. Enseigne la théologie morale dans divers séminaires et monastères. Auteur de L’Évangile de la Vie, Beauchesne, Paris 1999, 2 Vol., (cf. Kephas nº 1, p. 145–147).


  1. Saint Alphonse de Liguori, Theologia moralis, lib. 2, tract. 3, cap. 2, dub. 5, art. 2, nº 57–58, édition critique Léonard Gaudé, Typographie Vaticane, Rome 1905, tome 1, p. 353–355. Nous citons TM suivie du livre et du numéro.
  2. Ainsi le Père Marie-Dominique Philippe OP, Les trois sagesses, Fayard, Paris 1994, p. 317 : il propose de ne l’utiliser qu’en politique ou économie, dans l’ordre du « faire » , mais non pas en éthique.
  3. Saint Augustin, De mendacio 18, 38, PL 40, 513 ; BA 2, 328–329 : « Admettre qu’on peut faire le mal pour en éviter un plus grand, c’est mesurer le mal non plus sur la règle de la vérité, mais sur la cupidité et l’usage, chacun estimant comme plus grave le mal qui lui fait le plus d’horreur, et non celui qu’il doit, en réalité, le plus fuir. Cette disposition vicieuse vient tout entière de la perversion de notre amour » .
  4. Saint Augustin, Sermones de Scripturis, « Sermo 9 de decem chordis » , 3, 3, PL 38, 77 : « Les Juifs feraient mieux ce jour-là de travailler utilement dans leurs champs que de soulever des séditions au théâtre. Et leurs femmes feraient mieux de filer la laine le sabbat que de danser toute la journée de façon inconvenante aux néoménies ».
  5. Saint Augustin, De coniugiis adulterinis, 2, 15, PL 40, 481 ; BA 2, 212–215.
  6. Saint Grégoire le Grand, Moralia, 32, 20, 39, PL 76, 659A.
  7. Gratien, Concordia Discordantium Canonum 1, 13 et 2, 22, PL 187, 67B-70B et 1142A : « De duobus malis minus eligi oportet. Non solum in jurando, sed in omni quod agimus ».
  8. De imitatione Christi, 3, 12, 6, édition critique Tiburzio Lupo SDB, Vatican 1982, p. 164. Traduction de F. de Lamennais, Tours, Mame sd, p. 170–171.
  9. Innocent III, Epistolarum X, 186, Lettre au patriarche de Jérusalem, PL 215, 1280C. Id., Mysteriorum Evangelicae legis et sacramenti Eucharistiae, PL 217, 865D. – Pie XII, « Discours Ci riesce aux juristes catholiques italiens », 6 décembre 1953, in La liberté religieuse, Solesmes 1989, p. 247–249.
  10. Pie XII, « Discours Ci riesce » : « aucun état ne peut donner une autorisation de faire ce qui serait contraire à une vérité religieuse ou au bien moral. […] Dans certaines circonstances, le parti le meilleur peut apparaître de ne pas empêcher l’erreur pour promouvoir un bien plus grand ».
  11. Saint Augustin, De libero arbitrio I 6, 13, PL 32, 1228.
  12. Cf. la synthèse de Mgr Jacques Suaudeau, « Le « sexe sûr » et le préservatif au défi du SIDA », Medicina e Morale 4 (1997) 689–726.
  13. Conseil pontifical pour la Famille, Vérité et signification de la sexualité humaine : des orientations pour l’éducation en famille nº 139, (1995). Saint Alphonse, Le grand moyen de la prière, Saint-Paul, Versailles 1998, p. 53 et 225–226. Id, Bref Traité de la Prière, ibid. p. 247 et 259.