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La victoire sur le monde, c'est notre foi. (1 Jn 5, 4)
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Une Passion révélatrice II

Réactions venues de divers horizons religieux

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Réactions non religieuses

« Une bêtise absolue »
G. Mordillat
documentariste

Plusieurs types de réactions se sont manifestées : religieuses ou séculières, chrétiennes ou juives ou musulmanes, catholiques ou réformées. Certaines réactions furent simplement animées par l'hostilité à la religion en général : du « film-scandale », on passe vite à la « croisade intégriste »... Certains ont pu être tentés par une contre-réaction chrétienne de défense, mais c'est une perte de temps. Tel est le degré d'inculture supposé par la plupart de ces attaques, en matière d'histoire de l'art, de religion, de liturgie et telle l'atrophie du goût qu'il manifeste, qu'on est plutôt tenté d'avoir honte pour leurs auteurs, qui semblent devoir en faire parade.

Libération, qui nous avait habitué à une certaine intelligence culturelle, s'est particulièrement illustré dans la sottise. Un exemple suffira à en montrer le niveau. Plutôt qu'à des spécialistes du Nouveau Testament, c'est à des auteurs de documentaires télévisés sur les origines chrétiennes, que le journal s'adresse pour juger du film. Sous le titre « une bêtise absolue du point de vue historique », ils tiennent ce genre de raisonnement : contrairement aux crucifixions réelles, celle de Gibson ne présente pas les crucifiés nus. Pourquoi ? Parce que « montrer Jésus nu suppose de le montrer circoncis. Jésus était juif, évidemment, et c'était irrecevable pour les peintres catholiques. Cela semble être toujours le cas ».53 Si si, vous avez bien compris : l'artiste est tellement antisémite qu'il ne veut pas montrer Jésus nu (la simple pudeur, évidemment, dans la culture des médias actuels, ne saurait suffire à expliquer la retenue de l'art chrétien sur le thème). Les mêmes juges pleins d'acribie font sans doute grand cas (pour s'en effrayer) de l'obédience catholique traditionaliste de Mel Gibson : un peu de culture leur aurait rappelé que dans le calendrier liturgique qu'il vit, précisément, il y a une fête de la Circoncision du Seigneur !54

Quant à l'objet qu'elle défigure — en l'occurrence une œuvre d'art —, l'outrance est insignifiante. Elle est révélatrice, en revanche, des motivations de ceux qui s'y livrent. On assiste en direct, sous la plume de nombre de détracteurs irréligieux, à un cas presque clinique de « retour du refoulé » qu'est devenu le Christianisme, ses dogmes et sa morale, dans les sociétés occidentales. Daniel Schneidermann l'a brillamment reconnu dans un article du même quotidien, d'ailleurs (non sans réduire le spirituel au psychologique) : « C'est sa trouvaille révolutionnaire, au christianisme, en opposition aux mythologies païennes, que de lire l'histoire du lynchage du seul point de vue de la pauvre victime souffrante [...] Cet Ecorché de Gibson, même si on le refoule, même si on l'ignore, même si on l'oublie, peu importe : il est en nous. Et si la tumultueuse sortie du film de Gibson, entre autres effets, nous rappelait l'omniprésence du compassionnel dans notre regard sur le monde ? [...] La sauvagerie et la compassion, plus souvent que nous le croyons, commandent nos gestes bien davantage que les pauvres ressources de la vision ».55 Il faut relire René Girard.

Bien qu'elle ne vienne pas de l'extérieur de la religion (mais plutôt du centre de l'institution ecclésiale), et qu'elle ne soit pas inspirée par l'ignorance (mais peut-être par un excès de sophistication théologique, au contraire ?) l'outrance du P. P. Valadier, dans son billet de La Vie ne me semble pas non plus explicable autrement que par un refoulement un peu forcené. Après avoir dénié toute qualité artistique à The Passion (« pas digne du nom de film »), le théologien jésuite, qui y a vu « une suite de scènes totalement obscènes », dans un climat « profondément antihumain et antichrétien », n'est-il pas allé jusqu'à conclure : « un ennemi du christianisme n'aurait pas fait pire que Mel Gibson avec son film »56 ? ... Foi de dominicain, après une telle sentence dans la bouche d'un théologien de renom, il y a quelques siècles, je n'aurais pas donné cher de la vie de l'artiste !...

Alors que le film avait déjà gagné les suffrages de tant de pasteurs de l'Eglise, pourquoi ne pas se contenter de dire qu'on avait détesté le film : n'y a-t-il pas de place pour le pluralisme culturel dans l'Eglise ? Pourquoi vouloir absolument théologiser ses goûts ? Que contient-il donc, ce film, que certains dans l'Eglise applaudissent et que le théologien parisien ne voudrait même pas avoir vu ? J'y reviendrai plus loin en décrivant les autres réactions à l'intérieur de l'Eglise. En tout cas, le théologien avait donné le ton : dans un journal de critique culturelle réputé d'inspiration chrétienne, un journaliste s'en donne à cœur joie : sans grand souci d'exactitude,57 il affirme que « juger la "performance" de l'acteur, [...] reviendrait à donner une note à un punching-ball dans un film de boxe »; le film est ainsi expédié : le cinéaste, « sans le moins du monde entrer dans son mystère, sans souci non plus de faire œuvre esthétique », « armé de la foi du charcutier, fait en sorte [de] nous en mettre à nous aussi plein la tronche ».58 Qui veut mieux comprendre la psychologie des réactions devant les images de violence, doit lire la riche « les craintes » et la « suggestion de relecture théologique » de Pascal Ide.59 Signalons pour finir que certains grands médias ont fait l'effort de donner à leurs consommateurs une information plus apaisée que ceux qui viennent d'être cités.60

Dans le Judaïsme et en Israël

« Comment pourrait-on blâmer qui que ce soit
pour la mort d'une personne qui est en réalité vivante ? »

Susan Perlman,
Première assistante au Directeur exécutif des Juifs pour Jésus,
Lettre ouverte à Mel Gibson

Venons-en aux réactions dans le monde juif. La crainte de découvrir un film antisémite a conduit la ligue anti-diffamation américaine à émettre d'abord des conseils, puis des mises en garde au réalisateur, avant le montage définitif du film, dont elle s'était procuré le script dans des circonstances controversées.61 La querelle s'envenima d'autant plus que la presse américaine pratiqua l'amalgame à outrance, allant jusqu'à reproduire les propos révisionnistes du père de l'artiste (85 ans) pour discréditer les intentions du fils (48 ans). Même un grand quotidien français jadis réputé pour son « objectivité » a eu constamment recours à ces élégants procédés. L'épiscopat américain réagit plus sobrement à tous ces bruits en publiant, sous la responsabilité du Cardinal W. Keeler, le 23 février, La Bible, les juifs et la mort de Jésus, rappelant l'enseignement autorisé de l'Eglise à ce sujet, si nettement exprimé en Nostra Aetate — et que Mel Gibson lui-même, à ma connaissance, n'a jamais contesté.

Même si un contre-sondage a prétendu montrer que The Passion avait augmenté le nombre de personnes estimant les Juifs responsables de la mort de Jésus,62 alors qu'une première enquête avait établi le contraire,63 l'accusation d'antisémitisme a fait long feu.64 Beaucoup de juifs ont, en effet, sinon apprécié le film, du moins regretté les alarmes de l'Antidefamation League — ne serait-ce que parce qu'elles ont évidemment contribué au lancement du film...65 Certains ont même été sensibles au fait que tant de chrétiens soient si profondément émus par le film, et se sont alarmés du fait que des personnalités de leurs communautés prétendent dire en leur nom aux chrétiens ce qu'ils doivent croire ou non.66 Plus encore, pour de nombreux juifs, le fait que les évangéliques américains, presque tous d'un sionisme inconditionnel, soient les plus ardents défenseurs et promoteurs du film n'a pas été le moindre des paradoxes de la réception de The Passion...

Alors pourquoi tant d'inquiétudes au départ ? Si paradoxale semble-t-elle, je hasarderais l'opinion suivante : c'est parce qu'il montre le Jésus le plus juif de l'histoire du cinéma que ce film a tant inquiété certaines organisations en lien avec le Judaïsme. Il est peut-être bien évangélisateur, au meilleur sens du terme, dans le mode juif. Non seulement le film n'est pas antisémite, en effet, mais encore il présente l' « affaire Jésus » d'abord comme une affaire de famille : l'opposition n'est pas entre des bons xxx et des mauvais juifs, mais à l'intérieur du Peuple juif entre des êtres bons (non seulement Jésus et ses disciples, mais encore les deux grands prêtres qui refusent le procès inique, Véronique et sa fille, Simon de Cyrène, les femmes qui pleurent, etc.) et des mauvais (la plupart des chefs politico-religieux; pourquoi dénier toute responsabilité de leur part dans la mort de Jésus, en dépit de l'unanimité des textes du Nouveau Testament ? Ce serait bien la seule hiérarchie théocratique de l'histoire qui aurait échappé à la corruption et à l'appétit de pouvoir !). Plus encore, tous les protagonistes sauf les occupants parlent l'araméen; Marie et Jésus ne cessent de prier les psaumes en hébreu : pour un Juif d'aujourd'hui, surtout s'il est hébréophone (et peut saisir au moins une partie des dialogues en araméen), Jésus et ses disciples, à commencer par sa Mère, peuvent redevenir des proches !

Plus encore, en commençant par citer Isaïe, en rappelant la sainte nuit de PeSSaH, en faisant prier les psaumes par Jésus tout au long de son supplice, Gibson fait entendre le sens juif profond de la Passion. En superposant aussi, dans un des premiers plans du film, le profil de Pierre et celui du grand-prêtre regardant la lune, il suggère le drame mystérieux de la rupture dans la continuité qui unit les chrétiens (et particulièrement les catholiques) à leurs « frères aînés dans l'Alliance ». Que le film soit très bien accueilli par les Juifs messianiques n'est donc pas un hasard : Susan Perlman, l'une des responsables de ce très important courant de Juifs reconnaissant Jésus comme le Messie d'Israël, Fils de Dieu et Dieu lui-même, Un de la Trinité,67 a écrit une lettre ouverte remerciant Gibson de permettre qu'à nouveau la judéité et la messianité de Jésus soit un sujet de discussion en milieu juif. J'en retiendrais une seule phrase, splendide d'intelligence et de foi : « Comment pourrait-on blâmer qui que ce soit pour la mort d'une personne qui est en réalité vivante ? »68

L'actrice qui joue le rôle de Marie est elle-même juive. Interrogée sur la polémique juive contre le film, elle répond avec la même revendication d'indépendance que S. Perlman ou le directeur de la cinémathèque de Tel Aviv69 : « Je viens d'être interviewée par un journaliste israélien. J'ai l'impression de sortir d'un match de boxe. On me reproche d'avoir joué dans un film qui risque de faire du mal au peuple auquel j'appartiens. C'est comme si j'étais confrontée à l'Inquisition. On attend que je fasse mon mea culpa. Mais quel péché ai-je commis ? La polémique a commencé avant la sortie du film, entretenue par des gens qui ne l'avaient pas vu. C'est un préjugé, or ce film ne fait que dénoncer les préjugés. »70 Le soir où j'ai assisté à The Passion, il y avait avec nous trois amis juifs, deux israéliens et un américain qui termine à l'Université hébraïque sa spécialisation en psychiatrie. Au cours de la discussion amicale qui a suivi, il a approfondi ainsi la question de la moralité de la représentation de la souffrance : à montrer de façon aussi réaliste chacune des tortures endurées par Jésus, le spectateur ne risque-t-il pas de finir par se demander : QUI ? Qui est responsable d'un aussi grand malheur ? Qui est coupable, qu'on le châtie ?71 De fait, semblable interrogation ne fut pas étrangère aux indignes pogroms dont naguère se rendirent coupables des chrétiens. Tout en lui donnant raison sur la possibilité d'une telle mésinterprétation pour des spectateurs frustes qui seraient insensibles à aucune des médiations culturelles de la violence dans le film, je n'ai cependant pu m'empêcher de lui faire remarquer que nos amis arabes chrétiens tiennent un discours semblable au sien à propos de l'utilisation peu scrupuleuse que font parfois les politiciens israéliens d'aujourd'hui du martyre du peuple juif lors de la dernière guerre mondiale, rabaissé au rang de couverture idéologique. Personne ne possède la souffrance de personne. La purification de la mémoire par le pardon ne peut jamais être tenue pour une tâche achevée.

De merveilleux progrès ont été faits dans la reconnaissance mutuelle et les rencontres amicales entre croyants juifs et catholiques depuis plusieurs décennies. À l'occasion du nouveau millénaire, des centaines de grands universitaires juifs l'ont reconnu : les efforts des chrétiens pour aller à la rencontre des juifs depuis le second concile du Vatican n'ont pas encore été réellement payés de retour...72 Il y a quelques mois encore, nous parvenait le récit enthousiaste du voyage de plusieurs évêques autour du Cardinal de Paris dans les milieux juifs orthodoxes de New York : on avait parlé alors d'un « saut qualitatif » dans les relations judéo-chrétiennes. Les gestes de Jean-Paul II ont fini par faire tomber bien des préventions personnelles; le cardinal se félicitait que soit « désormais établie une atmosphère de confiance a priori sur la loyauté des intentions catholiques, même si les divergences de foi sont d'autant plus sensibles ».73

Plus précisément, il semble que la personne de Jésus et le contenu dogmatique du christianisme restent largement tabous en milieu juif, au point d'ailleurs que dans les universités israéliennes, les cours d'introduction au christianisme ou à l'histoire de l'art chrétien ont toute l'aura de l'exotisme et attirent nombre d'étudiants. On m'a aussi parlé de familles, à Jérusalem, dans lesquelles on se transmet la superstition de ne jamais entrer dans une église, par exemple : on ne sait jamais, quelque chose pourrait se passer (certes, les violences jadis exercées derrière une croix contre les Juifs n'y sont pas pour rien, mais que craindre au XXIe s., en Israël ?). Qu'on se fonde ou non sur les célèbres passages du Talmud qui semblent se référer à Jésus,74 au sein du judaïsme, l'image du christianisme est souvent celle d'une supercherie non seulement historique (une religion éclectique qui se pare des plumes de la révélation biblique) mais encore morale (le pardon à la place de la justice, l'amour à la place du droit, l'éthique chrétienne apparaît comme le triomphe assuré de l'arbitraire). C'était la position de fond d'I. Leibovitz, figure majeure de la pensée juive libre en Israël pendant la seconde moitié du XXe s. : tout savant qu'il fût par ailleurs, il semble en être pratiquement resté aux « vies de Jésus » des rationalistes athées du XIXe s.75 C'est encore la position d'un ouvrage dont le grand quotidien israélien Ha'aretz faisait grand cas, au moment où sortait The Passion : un professeur de l'université de Tel Aviv a passé quarante ans de recherches pour finalement dire qu'on ne sait pas si Jésus a existé.76 Comment, enfin, expliquer autrement que par ce refoulement le fait que les versions piratées qui circulaient en Israël étaient amputées de la scène de la résurrection ? (Je ne sais pas si elle figurera sur la version plus officielle qui sera projetée par la cinémathèque de Tel Aviv).

Qu'est-ce que l'événement cinématographique The Passion produira dans les relations judéo-chrétiennes ? Il est sans doute trop tôt pour le dire, car bien des passions sont encore à vif. Mais s'il est vrai, comme l'a dit le Cardinal Etchegaray, que « la foi de Jésus nous unit et que la foi en Jésus nous divise », Jésus devrait revenir au cœur de nos échanges, et nous devrions rivaliser de recherche historique, d'acuité herméneutique et de rigueur théologique pour mieux le comprendre, à la fois totalement juif et si nouveau. Comme nous le rappelaient le P. Dubois o.p. et le Cardinal Dulles, dans l'avant dernier numéro de Képhas, nous autres catholiques avons à tenir et notre enracinement juif (et même, dirais-je, notre légitimité juive au regard des divers judaïsmes du Ier s.) et notre foi en Christ (en qui nous voyons bien la plénitude de la révélation première). Comme l'a déclaré le prof. John Pawlikowski, président de l'International Council of Christians and Jews, la sortie et la réception de The Passion est un « teaching moment » : on a plus parlé des relations judéo-chrétiennes ces derniers mois que pendant les dix dernières années !

On aurait donc aimé que nos évêques de « l'information et la communication » se donnent un peu plus de temps de réflexion, plutôt que de reprendre des accusations non fondées, et scrutent la profondeur spirituelle de ce film qui allait toucher tant de leurs ouailles. On aurait aimé qu'ils fassent aussi bien que la Commission doctrinale des évêques de France, et expliquent pourquoi « bien des questions [suscitées par le film de Mel Gibson] doivent normalement déboucher sur des réponses plurielles, selon qu'on les reçoit au sein de la foi juive ou au sein de la foi chrétienne. Elles débouchent sur un conflit d'interprétations qui renvoie, en particulier, à la décision prise à l'égard de la personne de Jésus. Nous sommes au cœur, non simplement d'un débat d'historiens ou d'exégètes, mais d'un problème — disons mieux, d'un drame — théologique. Là, toute la personne est engagée face au Messie d'Israël, le reconnaissant ou non en Jésus, mort et ressuscité. Les interprétations que suscitent les divers engagements méritent respect plutôt que rivalité et prise de position partisane. La lecture chrétienne ne conteste pas la lecture juive, chacune ayant son propre registre d'interprétation. Que l'une ait raison n'entraîne pas que l'autre ait tort. Il est évidemment regrettable de masquer cette réalité essentielle du dialogue contemporain entre catholiques et juifs ».77 Etait-il inévitable que deux documentaristes tendancieux aient droit à meilleur traitement épiscopal qu'un artiste catholique ?

Dans le monde arabe et dans l'Islam du Proche-Orient

Quand ils m'eurent cloué et que j'eus jeté les yeux sur la ville
Je faillis ne pas reconnaître la plaine, ni le mur ni le cimetière :
À perte de vue, quelque chose comme une forêt en fleurs
De tous côtés se dressaient une croix et une mère en pleurs.
Le Seigneur soit loué ! C'est la parturition de la ville

Badr Chakîb al-Sayyâb (1926–1964)
Le chant de la pluie78

La réception arabe de The Passion repose d'abord sur un quiproquo : à cause du scandale de certaines organisations juives américaines, on a cru le film anti-juif, et on est beaucoup allé le voir par antisionisme. Les copies piratées se vendaient à Jérusalem-Est bien avant la sortie française du film; à Jeddah, en Arabie Saoudite, elles se vendaient comme des petits pains à la mi-mars...79 Dans les journaux arabes en langue anglaise auxquels j'ai eu accès, en particulier le Jerusalem Times en Terre sainte, ou le Al-Ahram en Egypte, les opinions sont cependant diverses : tandis que le premier présentait encore des propositions voisines de « "les juifs" ont fait mourir Jésus », le second proposait une analyse plutôt négative proche de celle des grands médias occidentaux.

Au Caire il y a trois semaines, je me suis rendu compte que les gens y détestent moins Israël qu'ils n'en sont effrayés. Quand je leur disais « I live in Jerusalem », ils ouvraient des yeux énormes : pour eux, on meurt, on ne vit pas à Jérusalem; d'Israël ils ont uniquement l'image de l'Etat qui, chaque jour que Dieu fait, fait mourir de mort violente des arabes leur frères. Aussi, comme de nombreux juifs ou sympathisants de l'Etat d'Israël s'y attendaient,80 l'actualisation du destin de Jésus dans le destin du peuple palestinien a-t-elle été universelle. Dans la mentalité palestinienne, telle que la perçoit un journaliste israélien, tous les ingrédients de l'allégorie sont là : l'empire américain sous l'influence des juifs, présent en Terre sainte comme il y a deux mille ans l'empire romain; des gouvernants juifs sur le pays, instrumentalisant la religion à des fins de domination politique et économique, personnelles ou nationales, comme il y a deux mille ans l'aristocratie corrompue des prêtres de Jérusalem.81 Cependant, il y a longtemps que les victimes arabes des conflits proche-orientaux se sont identifiées à Jésus :82 Mahmoud Darwich, sorte de prince des poètes palestiniens, en a fait un thème de son œuvre;83 la vigile de Noël 1995, Yasser Arafat lui-même déclara devant des milliers de pèlerins que « Jésus était un palestinien ».

Il ne serait pas exact de réduire tout cela à de la récupération politique. D'abord parce que les chrétiens palestiniens eux-mêmes s'efforcent, comme partout dans le monde, d'actualiser au quotidien la vie de Jésus et que le fait est qu'une grande part de leurs souffrances et de leurs problèmes est causée par l'Etat d'Israël qui les emmure : comment ne feraient-ils pas d'eux-mêmes certains parallèles ? Sous l'impulsion du clergé anglican d'Israël et des Territoires, largement palestinien, le mouvement Sabeel dirigé par Naim Ateek a même développé une théologie de la libération palestinienne — aux expressions parfois contestables, d'un point de vue dogmatique — où Jésus tient évidemment un rôle central. Bien sûr, il faut lutter contre l'identification abusive de l'Etat d'Israël et du Judaïsme, si néfaste au second; il n'en reste pas moins que dans le quotidien des check-points, des opérations de ratissage, des arrestations et des morts tragiques, le discernement est brouillé.

Les choses sont encore plus complexes du côté des arabes musulmans. Sans parler d'allusions récurrentes dans le soufisme ou le chi'isme, dont plusieurs héros disparurent de morts violentes, des œuvres comme La Cité inique, roman de Kâmil Husayn publié en 1954, ont déjà montré par le passé que les âmes musulmanes peuvent méditer sur l'injustice du monde moderne à partir de la Passion du Christ.84 Le théologien musulman Mohammed Arkoun théorise ainsi cette puissance symbolique de la destinée de Jésus dans l'existence de tout homme : « Ce qui se communique à la conscience humaine par l'incarnation ou Verbe fait chair pour habiter parmi nous (le logos émanant de Dieu, dit le Coran, Kalima min Allâh), la passion ou souffrance sur la croix par amour-identification avec la condition malheureuse et finie de l'homme, la résurrection ou refus de la mort absolue, irréversible, sans trace, sans signification [...] la communion dans le repas sacrificiel liant mystiquement, indéfectiblement, éternellement (cf. le lien le plus fiable, al-'urwa l-wuthqâ, dont parle le Coran), les vivants présents et les morts disparus [...] cet ensemble de paradigmes qui visent à rendre l'homme capable de Dieu ne sont ni remplacés ni épuisés en tant que mise en langage, en symbole, en parabole, en métaphore et en action des ressorts permanents et des enjeux ultimes de toute existence humaine. »85

Pourtant, The Passion aurait tout pour déplaire à la piété musulmane majoritaire : il enfreint la loi de non-représentation (spécialement des prophètes),86 et un « dogme » du Coran selon lequel Jésus n'a pas souffert de passion et de mort.87 Rien d'étonnant donc, que certains religieux islamistes se soient emportés : si Bahrein et le Qatar ont vite autorisé la projection du film, la discussion a été âpre au Koweit. Mohammed al-Tabatabai, recteur d'un collège de Sharia riche à millions de pétrodollars, a ainsi promulgué une fatwa contre The Passion, allant jusqu'à déclarer le film interdit aux musulmans de tous les pays, et que quiconque aura vu ce film devrait s'en repentir. Les raisons invoquées sont les faits que le film est fondé sur des documents fictifs et qu'il montre un acteur jouant le prophète. En réalité, le film semble opérer une sorte de discernement à l'intérieur de l'Islam : tandis que la majorité sunnite du Koweit s'oppose au film, les musulmans Shi'ites des Emirats, en particulier leur ayatollah Mohammad Bager al-Muhri, insistaient pour qu'il fût présenté au public88.

Finalement, je verrais assez volontiers une ruse du Saint-Esprit dans cette bonne réception du film, accueilli d'abord pour de mauvais motifs. Deux raisons m'y poussent. Premièrement, il est bien possible que The Passion fasse faire un progrès « christologique » à de nombreuses consciences musulmanes : une conversation avec des enseignants en sciences religieuses d'une université des territoires palestiniens (70% de musulmans), où le film a été projeté plusieurs fois dans des amphithéâtres pleins, en effet, m'a appris que tous ont été touchés, les jeunes femmes en particulier jusqu'à pleurer; que les jeunes spectateurs musulmans étaient réellement curieux de connaître la foi des chrétiens sur Jésus, même s'ils croyaient devoir prendre leur distance dans un second temps. Deuxièmement, dans le cadre même du conflit israélo-palestinien, le film n'indique-t-il pas la seule voie digne de ce nom qui s'offre au peuple palestinien pour se faire entendre, voie que le Patriarcat latin s'efforce de promouvoir depuis des années89 : celles de l'efficacité souveraine de la non-violence; aux victimes de la violence, quelles qu'elles soient, le Jésus de Gibson n'a qu'une chose à dire, en effet : soyez vainqueurs du mal par le bien.90

Dans le monde catholique

« Peut-être que Mel Gibson ne parle pas le langage du catholique élitiste parisien »
Abbé A. Castet,
curé de St-François-Xavier91

À l'intérieur de l'Eglise, les réactions motivées par le souci pastoral et l'exigence théologique allèrent de l'admiration et l'action de grâce à la plus violente condamnation, en passant par l'embarras. De la condamnation ferme, on a déjà parlé. Quant aux actions de grâce, on peut rappeler que même si le Vatican est officiellement resté muet (car juger des œuvres d'art contemporaines n'est pas sa mission), le pape a reçu en audience privée Jim Caviezel, qui interprète Jésus dans le film, et beaucoup y ont vu une marque d'encouragement.92 Mgr John Foley, en charge des communications sociales au Vatican, Mgr Augustin Di Noia o.p., numéro 2 de la Congrégation pour la Doctrine de la foi ont loué le film93; le cardinal George Pell, primat d'Australie, a parlé d'un chef d'œuvre spirituel94; le cardinal préfet de la congrégation pour le clergé a souhaité que tous les prêtres du monde voient le film, pour quelques scènes duquel il donnerait nombre de ses homélies sur la Passion.95 Citons encore le soutien des Cardinaux Nasrallah Sfeir, patriarche de l'Eglise Maronite, Geraldo Majella Agnelo, président de la conférence épiscopale brésilienne.96 Nombre de pasteurs américains, d'abord (le Cardinal Francis George, de Chicago, Mgr Ch. Chaput de Denver), puis la conférence épiscopale des Philippines,97 nation où le catholicisme est particulièrement vivant, ont produit des textes reconnaissants envers l'artiste, accompagnant de conseils pastoraux les spectateurs, mettant en garde contre de mauvaises interprétations possibles, soulignant les symbolismes les plus profonds, bref : invitant à tirer le plus grand profit spirituel de cette œuvre.

La réaction embarrassée des évêques français tranche donc, et l'on peut d'autant plus s'interroger sur les motivations d'une telle froideur, que si le Cardinal Lustiger a effectivement vu dans le film un « reflet de notre époque de violence », rappelé combien il tenait aux bonnes relations avec le Judaïsme, et refusé d'entrer plus avant dans ses commentaires pour ne participer en rien à la promotion du film,98 au moins un évêque français, parmi les plus jeunes et les plus actifs, a pris distance du communiqué officiel.99 Un autre, récemment distingué pour son action culturelle, a également encouragé son diocèse à accueillir ce film dans le cadre spirituel de la préparation à Pâques.100 En Belgique francophone, c'est l'évêque de Namur qui « ne saurait trop [nous] recommander d'aller voir le film "La Passion" ».101 Le dirais-je ? : j'ai cru sentir un certain malaise jusque dans le texte produit par le P. Ph. Vallin pour le compte de la commission épiscopale; il semble écrire « sur commande », devoir défendre des thèses dont il ne paraît pas entièrement convaincu lui-même... Quant aux intégristes catholiques, avec leur sens de l'à-propos coutumier, ils ont jeté le bébé avec l'eau du bain, identifiant immédiatement le peu d'ardeur des ecclésiastiques à tirer parti du film pour évangéliser, avec rien moins qu'« un signe d'apostasie ».102 L'outrance pas plus que la souffrance n'est décidément le propre de personne.

Il vaut la peine de revenir sur le contenu de quelques réactions. En effet, dans les avis théologiques donnés lors de la sortie du film, de nombreuses propositions sont diamétralement contraires aux intentions de communication du cinéaste.

Selon le communiqué épiscopal déjà cité, « dans ce film, le visage du Christ transparaît moins que nos obsessions contemporaines : angoisse du mal, fascination pour la violence, recherche de coupables ». Or si l'on en croit les réactions publiées par écrit ou par voie électronique, pour la plus grande partie des spectateurs, le film montre au contraire comment prendre le dessus sur le mal, démonte la mécanique absurde et grotesque de la violence, et proclame la victoire du pardon. Mais il le fait en montrant le mal qu'il soigne — on est au cinéma — et nous retombons sur une des premières questions qu'il pose : celle des rapports complexes entre les arts représentatifs et la morale.

Là où le P. Valadier a vu Jésus réduit à « une loque ensanglantée »,103 qui ne mène pas son procès comme dans les évangiles, en particulier en Jn, des sites cinématographiques proposent au spectateur de découvrir tous les indices manifestant que Jésus, tout au long du film, est le vrai maître de la situation et transforme ceux qui l'approchent104; là où le même théologien voit un Jésus qui acquiesce au sadisme et qui le légitime, la plupart des spectateurs voient, à la suite de l'extraordinaire Maïa Morgenstein, qui joue Marie, un film sur l'amour. Enfin, le « propos théologique » des récits de Passion — le fait que Dieu est plus grand que le refus des hommes d'entendre sa parole — n'est pas dénié mais au contraire affirmé par Jésus, durant le chemin de croix, quand il dit à sa mère : « voici que je fais toute chose nouvelle »105 et sur la croix lorsque le bon larron souligne que Jésus prie pour ses persécuteurs.

Ceux qui ont tenu à théologiser leur gêne devant le film n'ont pas seulement fait des contresens, ils ont aussi produit pas mal de jus pieux. Tirée de la grande presse chrétienne, cette mise en garde contre le film : il risque de « laisser croire que Dieu approuve un monde partagé entre victimes et bourreaux, où régnerait un culte du sacrifice et de la souffrance au détriment du pardon et de l'amour ».106 L'auteur de ces lignes devrait donc encourager à aller voir le film, puisque c'est exactement son message : le douloureux sacrifice du Christ est absolument unique, lui seul obtient le pardon de tous les humains, qui sont tous un peu bourreaux, même les plus tragiques victimes ! Mais pour le comprendre, encore faut-il admettre que la souffrance de Jésus, son innocence furent, en effet, uniques. Or c'est cela qu'on ne comprend plus aujourd'hui.107 D'autre part, la dialectique présupposée entre sacrifice et pardon, souffrance et amour est fausse : quiconque a aimé le sait bien, il n'est pas de grand amour sans grande souffrance. C'est peut-être cette vérité concrète du lien entre l'amour véritable et la souffrance que les petites gens reconnaissent dans ce film. On en viendrait presque à se demander si les critiques cinématographiques et les journalistes, presque unanimement négatifs, vivent dans le même monde que le commun des mortels.


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53G. Mordillat et J. Prieur, « documentaristes, débusquent les contre-vérités du film » (sic), Libération, 31 mars 2004, p. 12. Affirmation réitérée dans « Pour en finir avec Mel Gibson, La Passion du Christ, dernier avatar de la judéophobie héritée de la tradition catholique », Libération 07–04–2004.
54Incroyablement supprimée lors de la dernière réforme liturgique, par un de ces paradoxes dont l'histoire culturelle a le secret, alors que le Concile avait enfin jeté les bases d'une théologie positive du mystère d'Israël ! (Nostra Aetate, §4 : « Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ (13), ce qui a été commis durant sa passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S'il est vrai que l'Eglise est le nouveau peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Ecriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la parole de Dieu, de n'enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l'Evangile et à l'esprit du Christ. En outre, l'Eglise qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu'ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu'elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l'Evangile, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d'antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs. »
55D. Schneidermann, « Cette satanée compassion », Libération, 02–04–2004.
56Paul Valadier, propos recueillis par Jean Mercier, La Vie, no 3056, 25–03–2004.
57« Personne ne parle plus l'araméen depuis longtemps »; Gibson est un « disciple avéré de Mgr Lefebvre. »
58F. Gorin, « Pourquoi Mel Gibson fait-il couler le sang ? L'hyperréalisme et la violence sont au service d'un message manichéen », Télérama no 2828, 27–04–2004. Notre seule consolation ici, serait de trouver un vrai style polémique : je ne sais qui a inspiré l'autre, mais Le Canard enchaîné a repris l'expression drôlatique « la foi du charcutier » dans ce qu'il a imprimé au sujet du film.
59P. Ide, loc. cit., troisième et quatrième parties.
60Cf. le dossier des télévisions publiques françaises : http://cultureetloisirs.france2.fr/cinema/dossiers/982057-fr.php
61Voir le dossier de l'Antidefamation League et la réaction de son président Abraham Foxman, sur le site : http://www.adl.org/Interfaith/gibson_oped2.asp
62Sondage de l'institut Pew. Cf. « Mort du Christ : augmentation du pourcentage d'Américains selon lesquels les Juifs sont responsables » Dépêche AP — Washington, 03.04.04.
63Sondage commandé par Gary Tobin, President of the San Francisco-based Institute for Jewish and Community Research, cf. Nathan Guttman, « Jewish bids to amend 'Passion' film were pointless », Ha'aretz 22–03–2004 (Adar 29, 5764).
64Pour un bilan complet des opinions en présence et leur évaluation critique, voir la première partie de la belle étude de l'abbé P. Ide, loc. cit.
65Cf. des réactions juives nuancées en cherchant « Gibson » sur le site d'un grand journal juif des Etats-Unis : http://www.forward.com
66Il faut lire l'article presque extra-lucide du rabbin Daniel Lapin, du mouvement Toward Tradition, publié deux semaines avant la sortie du film, prévoyant son succès et son impact évangélisateur aux Etats-Unis, et s'emportant contre les « self-appointed spokesmen » de la communauté juive : « Why Mel Owes One To The Jews », sur http://www.towardtradition.org
67Sans pour autant se reconnaître chrétiens, ne pouvant pas assumer l'héritage antijudaïque des grandes Eglises historiques. Cf. leur site officiel : http://www.jewsforjesus.org
68Lire la lettre sur http://www.jewsforjesus.org/special/passion/letterMel.htm . On y trouvera aussi une série de déclarations de responsables juifs, y compris des rabbins, en faveur de The Passion.
69Lire ses déclarations dans Amiram Barkat, « Tel Aviv Cinematheque wants to show 'Passion of the Christ' », Ha'aretz, 22–04–2004 (Iyyar 1, 5764).
70Propos recueillis par M. Bran, loc. cit.
71Même perplexité, mais assortie d'une affligeante extrapolation antichrétienne chez Prieur et Mordillat : « pourquoi faire tant durer la représentation d'un supplice qui tient en un mot seulement dans les Evangiles ? [...] C'est pour avoir le temps de jouir de l'horreur, et, à chaque coup donné, de transférer la honte et l'angoisse sur les coupables : les bourreaux et ceux qui les auraient, jadis, armés... Supplicier sans fin ce corps, et ici au-delà même de la vraisemblance physiologique, [...] c'est défigurer la victime, ce que les nazis voulaient faire dans les camps, c'est aussi chercher à réussir une autre opération. Le corps martyrisé, tuméfié, lacéré, scarifié, maquillé du Jésus gibsonien est un leurre : c'est le prix à payer pour que soit effacé le corps d'homme et de juif, et qu'advienne à sa place un corps divin, un corps universel » (« Pour en finir... », loc. cit.).
72Septembre 2000, « Dabru Emet [Speak the Truth] : A Jewish Statement on Christians and Christianity », Baltimore—based Institute on Christian and Jewish Studies, rédigé par Dr. David Novak of the University of Toronto, Dr. Tikva Frymer—Kensky of the University of Chicago, Dr. Peter Ochs of the University of Virginia, and Dr. Michael Signer of the University of Notre Dame et signé par plus de 200 intellectuels juifs; disponible sur http://www.firstthings.com/ftissues/ft0011/articles/documentation.html
73Cf. le compte-rendu d'Elie Maréchal dans Le Figaro, 23–03–2004.
74Cf. Gil Student, « The Jesus Narrative In The Talmud, » étude des quatre principaux passages du Talmud où il est question de Jésus, sur http://www.angelfire.com/mt/talmud/jesusnarr.html, qui conclut à l'impossibilité d'en tirer aucune conclusion sur l'historicité de Jésus.
75Cf. une synthèse sur le sujet : « Le christianisme selon Leibowitz » dans J.-M. Joubert, Foi juive et croyance chrétienne, « Midrash essais », Desclée de Brouwer, Paris, 2001, p. 31–56.
76J. Efron, The Origin of Christianity and Apocalypticism, Hakibbutz Hameuhad Publishing House, Tel Aviv, 2004, et l'interview de l'universitaire dans Haaretz, suppl. Friday 02–04–2004 (Nisan 11, 5764) : Amnon Barzilai, « The gospel according to Joshua ».
77Note de réflexion de la Commission doctrinale des Évêques de France sur : « L'origine du christianisme ». 10 émissions de télévision réalisées par Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, diffusées sur Arte, citée sur http://catholique-marseille.cef.fr/article.php?id_article=494, 3c.
78[Unshuhâd al-matar], trad. M. Borrmans, Dialogue islamo-chrétien à temps et à contretemps, [avec la collaboration éditoriale de Annie Laurent], Saint-Paul, Versailles, 2002, p. 237.
79Cf. Mohammed Alkhereiji, « Pirated DVDs of 'The Passion of Christ' Flood Jeddah », Arab news, 15–03–2004 (24, Muharram, 1425).
80Cf. Le bel article de synthèse de Bradley Burston, « Jesus of Palestine & the 'Passion' of Israel », Ha'aretz, 24–02–2004 Adar 2, 5764).
81Ibid.
82Cf. la précieuse synthèse de M. Borrmans, « Qui est Jésus pour les musulmans d'aujourd'hui ? », dans Dialogue..., op. cit. pp. 223–242 en particulier « Le Jésus de l'Islam contemporain », p. 231s.
83Cf. M. Darwich, Chronique de la tristesse ordinaire, suivi de Poèmes palestiniens [Dar Filastin, Damas], trad. O. Carré, Paris, Cerf, 1970, 1989.
84Bien sûr, sans se prononcer sur sa crucifixion ! Cf. M. Borrmans, op.cit., p. 233.
85M. Arkoun, « Réflexions d'un musulman sur le 'Nouveau Catéchisme' », Islamochristiana no 19, 1993, p. 43–54, cité par M. Borrmans, op. cit., p. 241.
86« D'après Abd-Allah ibn Masoûd, l'Envoyé d'Allah a dit : "Au Jour de la Résurrection, les gens qui éprouveront de la part d'Allah les plus terribles châtiments seront les peintres" (plutôt, fabricants de figures : peintres, sculpteurs, dessinateurs et autres). » (Sahih Muslim, Hadith 3943).
87« Et à cause leur parole : "Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d'Allah"... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié; mais ce n'était qu'un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude : ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué. » (Coran, 4.157).
88Y voyant une bonne occasion de dénoncer le sionisme (tout en protestant de son grand respect pour le judaïsme lui-même...) Cf. « "The Passion of the Christ" stirs religious controversy in Kuwait », Al Bawaba 30–03–2004, http://albawaba.com/entertainment/index.php3?lang=e
89Cf. « The Palestinian Church During the Intifada », sur http://www.wfn.org/2002/04/msg00053.html et le site du Patriarcat : http://www.lpj.org/
90Rm 12, 21; cf. l'homélie du pape Jean-Paul II, Messe pour les jeunes sur le Mont des Béatitudes à Korazim, vendredi 24 mars 2000.
91Propos recueilli par I. O'Neill, Paris Notre-Dame, no 1035, 25 mars 2004, p. 5.
92Cf. « Jim Caviezel révèle des détails de sa rencontre avec le pape. Quand les gens verront le film, "je ne veux pas qu'ils me voient, je veux qu'ils voient Jésus" », dépêche de ZENIT.org, Cité du Vatican, 16–03–2004.
93Cf. http://archives.insidethevatican.com/news/index.php?fdate=20040122&window=showfile#070549
94Cf. http://www.zenit.org/english/visualizza.phtml?sid=49580
95AD2000, vol 16 no 10, novembre 2003, p. 13.
96Cf. http://www.zenit.org/english/visualizza.phtml?sid=50677
97Cf. http://www.asianews.it/view.php?l=en&art=480
98Interview sur Europe 1, dépêche AFP, Paris, 28–03–2004.
99Cf. Mgr D. Rey, évêque de Toulon, Lettre pastorale « A propos du film de Mel Gibson : La Passion du Christ, Toulon, lundi 5 avril 2004 ».
100« Je crois que tout le monde doit voir ce film », Mgr M. Gourvès, évêque de Vannes, compte-rendu de son intervention sur http://www.generationjpii.org/article316.html
101Mgr André-Mutien Léonard, éditorial sur le site de son diocèse (http://www.diocesenamur.be/A2.asp).
102D'après X. Ternisien, « Pour les disciples de Mgr Lefebvre, la violence du film est "porteuse de sens" », Le Monde, 31–03–2004.
103P. Valadier, loc. cit.
104Cf. le site des Juifs messianiques déjà mentionné.
105Ap 21, 5. Cf. Is 43, 19; 48, 6.
106Sic, M. Amarnet, éditorial de La Vie, no 3056, 25–03–2004, p.5.
107Il faut relire par exemple Thomas d'Aquin, Summa theologiae, IIIa pars, qu. 46, art.5 et qu. 48 art.5. cf. supra note 34.

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