Une œuvre d'amitié au service de la foi
Bruno le Pivain
Voici maintenant quatre ans qu'un groupe d'amis, prêtres et fidèles laïcs, ont imaginé de mettre en commun leur ferveur au service de l'Église, désireux d'apporter leur pierre à la Nouvelle évangélisation à la suite du Christ, « né et venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité ». Ils voulaient cette pierre ajustée à la pierre d'angle, Kephas, la Chaire de Vérité d'où la foi resplendit sur le monde, selon l'inscription qui se détache en lettres d'or au-dessus de la tombe du pêcheur de Galilée devenu le Prince des Apôtres. Indépendants de tout lien financier ou institutionnel, réunis par cette communauté de foi et d'amitié, ils ont résumé l'esprit et l'objectif de leur entreprise dans une charte que vous pouvez retrouver sur le site de la revue,1 et qui fut explicitement encouragée par celui qui est devenu Benoît XVI.
Il est bon, de loin en loin, de se poser pour faire le point. L'aventure a pris forme. D'autres sont venus, sans grand tapage; l'esprit demeure identique. Kephas est une œuvre d'amitié au service de la foi, ou de l'Église. C'est-à-dire d'une part qu'elle ne nourrit aucune intention mercantile — puisse le monde de l'édition catholique en France, nonobstant la dureté des temps, celui de la rareté de la foi, avoir le courage et la simplicité de s'interroger loyalement sur la cohérence de ses pratiques, puisque là comme ailleurs, les groupes de presse s'exposent vite à devenir des groupes de pression, qui ne libèrent pas la parole.2 Mais aussi : l'amitié catholique en est le ciment, ce qui permet d'envisager des points de vue diversement situés, dès lors qu'ils sont inspirés par une même fidélité à l'Église. La fécondité même de la pensée, la nécessaire liberté de l'acte de foi, comme de l'acte de penser, sont à ce prix, qui n'est pas un fardeau pesant.
Kephas n'est ni une revue de combat, ni un relais au service de tel courant, officiel ou particulier. De grâce, si vous sentiez, amis lecteurs, que nous ayons la prétention de nous prendre au sérieux, ou de nous prétendre utiles, dites-le nous simplement, vous feriez œuvre pie. En attendant, vos encouragements et vos remarques nous sont profitables.
Une œuvre d'amitié au service de la foi : voici donc qui fait le lien entre toutes les propositions qui suivent.
Vous recevez avec ce numéro 16 ce merveilleux outil qu'est le CD Ictus, avec la lettre de son concepteur qui vous en explique l'utilisation. Il était attendu, il arrive maintenant, mis au point après un travail considérable. Il sera offert à tout nouvel abonné jusqu'en décembre 2006. Avec le webmaistre de Kephas, Aloïs Suter, qui a préparé les archives de la revue, je veux ici dire ma grande reconnaissance à l'abbé Arnaud Bouchez qui, de manière parfaitement désintéressée, permet à tous les lecteurs de Kephas de bénéficier de ce travail unique en son genre. Une œuvre d'amitié.
Vous avez également trouvé notre nouveau dépliant. Kephas a besoin de vous pour se faire connaître, si vous jugez cette revue utile. N'hésitez pas à nous en demander. Il faut une chaîne qui puisse toucher familles, amis, voisins, paroisses, communautés amies, mouvements etc.
Vous aurez encore reçu ce questionnaire, parce que Kephas est un service. Nous devons savoir ce que vous attendez, ce que vous préférez, ce que vous regrettez, ce dont vous ne voulez pas, ce que vous souhaitez absolument...
Deux projets arrivent à terme.3
L'un est un travail de longue haleine, sur un sujet crucial à l'heure actuelle, le Magistère de l'Église. Il s'agit d'un ouvrage collectif à paraître au premier trimestre 2006 aux éditions Ad Solem, avec qui nous cheminons depuis l'origine. Il n'épuisera pas la question. Cependant, les textes rassemblés fournissent un panorama d'ensemble qui doit permettre de répondre à bien des questions, de démêler les controverses, et surtout de « sentire cum Ecclesia », de penser au cœur de l'Église.
Le deuxième est un dossier, à paraître dans le numéro 17 de Kephas, sur « les lignes de crête de la pensée de Josef Ratzinger ». On y aborde les grands aspects d'une pensée dont la richesse n'est plus à démontrer. On n'y prétend pas expliquer le Magistère de Benoît XVI, qui dépasse de haut, par sa fonction, l'apport pourtant considérable du théologien ou du cardinal Ratzinger. Mais on pourra se familiariser avec l'homme et mieux pénétrer le discours.
C'est l'Avent, et Noël approche. À tous, saint et joyeux Noël. Permettez-moi, avec ces vœux, de vous recommander spécialement toux ceux qui, discrètement, travaillent à vous offrir cette revue et qui comptent sur vos prières.
- www.revue-kephas.org
- On sait les développements médiatiques consécutifs à l'édition concurrente de deux versions françaises du Compendium du Catéchisme de l'Église catholique, l'une vendue à 18 euros, l'autre à 7, avec les problèmes posés par les contrats de diffusion, plus que d'édition, et les clauses d'exclusivité en la matière. Au-delà de l'événement en lui-même regrettable, se pose la question de la politique éditoriale catholique en France, vis-à-vis des clients que sont les baptisés et tous les hommes de bonne volonté, vis-à-vis de la Parole de l'Église qui semble pour beaucoup brutalisée et asservie... les amateurs d'euphémismes diront « instrumentalisée ».
- Voyez les annonces p. 8