L’Église dans dix ans : quelle unité pour quelles missions ?
Bruno le Pivain
« Il n’y a pas deux Églises, l’une qui décline et l’autre qui surgit. Il n’y en a qu’une, et elle est semper reformanda, toujours à réformer », notait le Cardinal Barbarin dans l’entretien qu’il avait donné pour un dossier spécial de Kephas (no 14, avril–juin 2005) sur « l’Église dans dix ans ». C’était le tout début du pontificat de Benoît XVI. Dans la lumière des journées inoubliables qui marquèrent l’entrée dans la Vie de Jean-Paul II fleurissaient les rétrospectives sur le pontificat précédent.
Un projet mûrissait depuis un certain temps, que la revue peut maintenant envisager plus concrètement dans sa septième année d’existence, ce qui nous amène à l’âge de raison, paraît-il. Kephas organise donc un colloque le samedi 29 novembre prochain à Notre-Dame de Grâce de Passy (Paris XVIe) sur le thème « L’Église dans dix ans : quelle unité pour quelles missions ? ».
Son thème touche précisément au cœur du lancement de la revue, comme l’indiquent la charte et le patronyme, le patronage aussi de sainte Catherine de Sienne. Il part d’une conviction centrale contenue dans la prière sacerdotale du Christ : « Qu’ils soient un ... afin que le monde croie. » Les fruits de la mission de l’Église aujourd’hui, la fécondité de la Nouvelle évangélisation, seront en proportion exacte de sa capacité à cultiver son unité interne sans rechercher l’uniformité, à dépasser par conséquent certains clivages ou tensions qui entravent la vie sacramentelle du Corps du Christ et paralysent son action.
Il semble en effet que, bien passées maintenant les quatre décennies de l’après-Concile – 40 ans, c’est un chiffre biblique –, avec les bouleversements considérables survenus dans le monde et l’Église durant cette période, l’heure est venue d’envisager sereinement et courageusement ce que Benoît XVI nommait la « réconciliation interne au sein de l’Église » dans la Lettre aux évêques qui accompagnait le Motu proprio Summorum Pontificum.
En quoi peut consister cette réconciliation ? Est-elle possible ? Sur quoi peut-elle porter, querelle des Anciens et des Modernes – liturgie, transmission de la foi, notion de Rédemption et morale chrétienne notamment –, articulation entre le maillage diocésain et les communautés nouvelles de toutes obédiences devant la raréfaction des moyens, complémentarité entre le sacerdoce ministériel et le sacerdoce commun des baptisés, réception du Magistère et liberté humaine etc. ? Quel éclairage théologique apporter sur les notions d’unité, de Tradition ? Quels en sont les obstacles ou les atouts ? Ses conditions ?
Au programme : six contributions suivies de temps de questions et une Table ronde faisant intervenir des invités d’horizons variés, avec la participation de personnalités autorisées, mais aussi des temps libres qui permettront aux lecteurs, aux rédacteurs, à tous ceux qui seront venus, de mieux faire connaissance avec Kephas, au comité de rédaction et à l’Association des Amis de proposer un certain nombre de moyens de développement de la revue.
Outre l’intérêt de développer ainsi des liens d’amitié au service de la mission, nous espérons que ce colloque favorisera à sa mesure une réflexion qui, sans faire l’impasse sur la lucidité, saura ne pas en rester au diagnostic de type sociologique, pour puiser à la source première de l’amour de l’Église.
Nous vous y espérons nombreux ; il n’est pas nécessaire d’être abonné pour y participer. Les renseignements complets vous seront très prochainement communiqués.
