nov 17 2012
Cette semaine, je suis heureux de partager avec vous une vidéo qui a eu un grand effet dans ma vie. Je la regarde régulièrement depuis environ 2 ans. Elle est en anglais, mais j’ai pris le temps de traduire en français certains extraits pour que tout le monde puisse en profiter.
Si tu es dans une démarche de méditation, de recherche intérieure ou simplement si tu te demandes ce qu’est vraiment l’éveil, ce contenu va t’aider à y voir plus clair. Le point fort de cette vidéo, c’est qu’elle ne te vend pas une idée abstraite du bonheur ou de la spiritualité : elle t’aide à distinguer ce qui relève de l’expérience réelle et ce qui relève des constructions mentales.
ZaChoeje Rinpoché est un lama tibétain enseignant aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. Dans cette vidéo, il présente un livre qu’il a coécrit, The Backdoor to Enlightenment (“La porte arrière vers l’éveil”). Le titre prend tout son sens quand on comprend son message : l’éveil n’est pas quelque chose à fabriquer de toutes pièces, mais quelque chose à reconnaître.
Si tu peux regarder la vidéo en anglais, je te le recommande. L’anglais de ZaChoeje Rinpoché reste assez accessible, et la vidéo avance à un rythme qui permet de suivre sans être bilingue. Elle dure environ 1h15, et je te conseille de la voir en entier si tu peux. Sinon, les passages clés traduits ci-dessous te donneront déjà une base très solide.
Comme je sais que certains ne sont pas à l’aise avec l’anglais, tu trouveras ici la traduction des extraits que je recommande. Une autre partie sera traduite et tu pourras la découvrir la semaine prochaine, le temps de t’imprégner d’abord de tout cela.
Voici la vidéo : « cliquez sur WATCH FULL PROGRAM » après l’avoir lancée pour l’avoir en intégralité :
Za Rinpoche on The Backdoor To Enlightenment from Cody’s Books on FORA.tv
L’essentiel a retenir : cette vidéo explique que le bonheur et l’éveil ne se “poursuivent” pas comme un objectif classique : ils se reconnaissent. Le mental fabrique souvent des attentes, des conditions et des comparaisons qui empêchent de voir ce qui est déjà là.
- L’éveil n’est pas quelque chose à produire, mais à réaliser.
- Le bonheur sans raison est présenté comme plus authentique.
- L’attente crée souvent tension, lutte et insatisfaction.
- Le désir n’est pas un problème en soi ; l’attachement l’est.
- La “porte arrière” de l’éveil consiste à reconnaître sa nature, pas à accumuler des efforts.
- Les exemples concrets du texte aident à comprendre la différence entre chercher et voir.
Voici la traduction :
Premier extrait : passage dans la vidéo (de 1h02m03s jusqu’à la fin)
Question d’une personne dans la salle : Cela va être un peu difficile d’expliquer tout cela avec des mots. Est-ce que vous pourriez parler un petit peu de comment trouver des repères intérieurs, des façons de juger ce qu’est l’éveil ? Une fonction principale du mental est de nous empêcher de réaliser que nous sommes déjà éveillés. Personnellement, je médite régulièrement et je suis des pratiques bouddhistes depuis quelques années. Plus je mets d’efforts dans ma pratique, plus j’ai des aperçus de ce qu’est l’éveil. Par contre quand j’arrête, je m’épuise avec l’impression que c’est impossible de rester éveillé. Je suis près de me laisser totalement conscient au moment présent, de vivre ce qu’il se passe au lieu de juger ce qui se passe. Est-ce que vous pourriez parler un petit peu de la façon dont, de votre expérience personnelle, vous reconnaissez l’éveil, pour être parfaitement dans le moment présent ?
Réponse de ZaChoeje Rinpoché :
Bouddha a dit : « vous ne pouvez pas créer l’éveil ». Il a également dit : « vous ne pouvez pas produire l’éveil ». Tu peux créer une idée de ce qu’est l’éveil, une construction mentale, une conception sur ce que serait l’éveil. Bouddha a également dit quelque chose qui va t’aider à comprendre :
« Il n’y a aucun chemin vers le bonheur, le bonheur en lui-même est le chemin. » Pense à cela.
L’éveil est l’état ultime. Il n’y a aucun chemin vers lui, l’éveil en lui-même est le chemin. Tu peux être heureux sans aucune raison particulière, mais le mental va créer cette idée de bonheur. Et c’est cette idée qu’on va poursuivre toute notre vie. Chaque fois que nous arrivons à être heureux, cela ne correspond pas à notre idée de ce qu’est le bonheur. Et nous voilà repartis vers autre chose.
Pour notre mental, l’herbe a toujours l’air plus verte chez le voisin. Quand on poursuit le bonheur, qu’on est à sa recherche, on le remet toujours entre les mains du futur ou du passé. On se dit : « Ce jour-là, j’avais été si heureux et peut-être que dans le futur je serai à nouveau si heureux. » En faisant ainsi, on ne voit jamais le bonheur dans le moment présent tel que : « Suis-je heureux maintenant ? Est-ce que je peux juste être heureux maintenant, en ce moment précis ? »
Tu sais quelle est la réponse. Peux-tu être heureux juste maintenant ? Je pense que la réponse est oui, nous pouvons être heureux juste maintenant.
Et c’est là que notre mental donne des raisons, se demande pourquoi nous pouvons être heureux. On va faire une recherche intérieure pour cette raison et on obtiendra 1101 réponses, nous trouvant plein de raisons de ne pas être heureux juste maintenant. Et c’est juste notre mental qui le dit.
Le bonheur, l’éveil, est quelque chose que l’on ressent sans aucune raison. Le bonheur que l’on vit sans aucune raison particulière est un bonheur pur et authentique. Le bonheur venant avec une raison, venant avec certaines conditions particulières, n’est en fait pas le véritable bonheur.
Nous ne devrions pas attendre d’être heureux, nous devrions juste être heureux maintenant. C’est exactement comme le dit la publicité de Nike : « just do it ! » (Fais-le !). Sois juste heureux. Qui t’empêche d’être simplement heureux maintenant ? Tu t’empêches toi-même d’être heureux.
Nous passons toute notre vie à essayer d’être heureux et, quand nous essayons d’être heureux, nous ne sommes jamais heureux. Voici un simple petit exemple : tu es assis en ce moment. Essaie de te lever. Quand tu essaies de te lever, tu es en fait toujours assis et non pas debout.
Quand tu essaies d’être heureux, tu n’es pas heureux. N’essaie pas d’être heureux, sois simplement heureux. C’est la même chose concernant l’éveil : n’essaie pas d’atteindre l’éveil. Quand tu essaies, le fait d’essayer crée une tension, une lutte, et ainsi tu n’es pas heureux. C’est pour cela que le bonheur n’est pas quelque chose que tu peux essayer, tout comme l’éveil. Libère-toi simplement du fait d’essayer et laisse-toi expérimenter, ressentir l’éveil.
Je vais conclure cette question avec une petite histoire. Cette histoire t’aidera peut-être. Il y avait un homme dans un petit village. Il servit les villageois, fit son travail et pensa alors qu’il voulait maintenant faire quelque chose pour lui. Il a alors pensé à la méditation et à dédier sa vie à la spiritualité. C’est alors qu’un maître est arrivé dans le village.
Il alla alors voir le maître pour lui expliquer qu’il avait choisi de dédier sa vie à la spiritualité. Il lui demanda des instructions pour devenir un être éveillé, pour obtenir une réalisation spirituelle. Le maître fut ravi et lui donna des instructions, des techniques, des enseignements.
L’homme était très heureux et alla dans une grotte pour pratiquer comme le maître le lui avait expliqué. Et il essayait ainsi d’obtenir une réalisation spirituelle.
Vingt ans s’écoulèrent et rien ne se passa…
Il avait l’impression que tout était pareil depuis ses débuts. Il songea à arrêter, un peu découragé, puis le même maître qu’il avait rencontré 20 ans plus tôt apparut de nouveau dans son village. Il alla le voir. Il demanda au maître s’il se souvenait de lui. Le maître ne se souvenant plus très bien, il lui expliqua son histoire et leur rencontre 20 ans plus tôt, quand il était venu lui demander des instructions.
Il demanda alors au maître : « J’ai pratiqué pendant 20 ans, j’ai utilisé vos instructions, vos techniques. Je suis toujours au même point. Est-ce que je fais quelque chose de façon incorrecte ? »
Le maître lui demanda de lui expliquer à nouveau les instructions pour lui rafraîchir la mémoire. Une fois que l’homme lui eut expliqué, le maître secoua la tête pour lui dire que les instructions étaient complètement fausses.
L’homme fut naturellement déçu après avoir passé 20 ans à pratiquer avec des instructions fausses. Il repartit en réfléchissant à d’autres options pour sa vie puis, comme il avait passé 20 ans à faire la même chose encore et encore, il n’avait pas vraiment d’autre choix que de continuer à faire encore la même chose.
Il retourna à sa grotte pour méditer. Il fit alors la même chose, mais cette fois sans aucune attente particulière. À sa grande surprise, le jour suivant, il atteignit l’état d’éveil.
Il alla voir le maître et lui dit : « Vos instructions n’étaient pas fausses, pourquoi m’avez-vous dit qu’elles étaient fausses ? »
Le maître lui répondit : « Parce que tu avais de grandes attentes pour devenir éveillé. Quand tu appliquais mes techniques, tu crées une tension, une lutte. Tu fais cela avec un fort attachement. Quand je t’ai dit que tout était faux, tu l’as juste fait parce que tu aimais le faire, pas parce que tu voulais obtenir quelque chose de particulier. »
Voilà le truc.
Voici un second extrait : passage dans la vidéo (de 40m55s jusqu’à 45m16s)
Question d’une personne dans la salle : Ma question concerne le désir et l’insatisfaction. Je connais l’idée bouddhiste d’essayer de ne pas désirer de choses parce que cela crée de la souffrance. Vous parlez dans votre livre de vouloir faire des changements dans sa vie. Cela ressemble à vouloir des choses différemment de ce qu’est la réalité, cela mène alors au désir et à l’insatisfaction. Il y a alors comme un fossé qui se crée et j’aimerais que vous nous parliez de cela.
Réponse de ZaChoeje Rinpoché :
Le désir a un rôle très important dans notre vie. Vouloir quelque chose n’est pas « mauvais ». Si nous n’avions pas de désir, je ne suis pas sûr que nous puissions survivre.
Nous avons des souhaits en tant qu’êtres humains, comme vouloir vivre, un désir de vivre sa vie. Nous sommes nés avec cela. Chaque espèce de notre monde est née avec cela : il y a un souhait de vivre. Le souhait ou l’intention est en fait nécessaire.
Il y a un niveau par rapport à ton désir. Si ton désir va au-delà de ce niveau, cela devient nuisible. Le mot correspondant à cela est l’attachement. C’est quand ton désir est basé sur la peur, la culpabilité et d’autres choses inutiles telles que cela. Alors cela va au-delà du niveau qui crée la souffrance dans notre vie. Bouddha a également utilisé le mot « attachement » : il peut apporter beaucoup de souffrances inutiles. L’attachement est un peu comme lutter face à ce qui est. Simplement vouloir n’est pas un problème.
Simplement désirer, comme désirer être heureux, désirer vivre sa vie, c’est naturel. Nous luttons tellement dans nos vies par rapport à ce qui est que nous devenons fatigués de cela. Nous avons alors le souhait de ne plus avoir de souffrance.
Il est important d’avoir un souhait, d’avoir des désirs, mais sans aller jusque vers ce qu’on peut appeler l’attente. L’attente est également une sorte de désir qui rend tout conditionnel. Quand tu conditionnes les choses, c’est un signe que tu vas vers l’attachement.
Voici un troisième extrait : passage dans la vidéo (de 2m45s jusqu’à 10m55s)
Explication de ZaChoeje Rinpoché :
Pourquoi « la porte arrière vers l’éveil » ? Parce que chacun peut atteindre l’éveil. Chacun peut vivre sa vie en utilisant tout son potentiel. Mais au travers de l’histoire, au travers des siècles, l’éveil fut interprété comme une sorte de récompense, d’accomplissement, une sorte de prix que tu pourrais obtenir seulement en faisant de nombreuses choses.
La porte principale vers l’éveil est pleine de barrières, de règles et de nombreuses listes de choses à faire. La métaphore utilisée dans le titre du livre, « la porte arrière vers l’éveil », par rapport à « la porte principale vers l’éveil », est de dire que tu n’as en fait pas à faire toutes ces choses. L’éveil est seulement quelque chose que tu peux réaliser. La réalisation joue un rôle très important.
Par exemple, quand Bouddha a atteint l’état d’éveil, la première chose qu’il a faite est de sourire, de rire. Plus tard, ses disciples lui demanderont : « Pourquoi as-tu souri, pourquoi as-tu ri quand tu as atteint l’état d’éveil ? »
Bouddha répondit : « J’ai cherché l’état d’éveil tout au long de cette vie et j’ai réalisé que tout était déjà là, j’étais assis dessus quand je l’ai enfin trouvé. » C’est comme réaliser ce que tu es.
C’est la même situation que nous avons, par exemple, dans notre vie quotidienne quand nous avons nos lunettes sur le visage. Nous cherchons partout où elles sont. Nous cherchons alors dans tous les coins de la maison et puis, par accident, nos mains touchent les lunettes sur le visage. C’est toute l’histoire derrière l’éveil. Nous avons tous cet état d’éveil en nous. D’un point de vue bouddhiste, nous appelons cela la nature de Bouddha. Cela signifie que nous avons ce potentiel pour devenir éveillés et nous n’avons pas à faire toutes ces choses.
C’est comme être assis dans une pièce pleine de lumière en pensant que c’est sombre parce que tu as fermé tes yeux. La seule chose que tu as à faire est d’ouvrir tes yeux. Tu n’as pas besoin de créer de la lumière dans cette pièce. Tu n’as qu’à ouvrir tes yeux et voilà : tu y es, tu es éveillé.
Ceci est la métaphore utilisée pour « la porte arrière de l’éveil ». Quand j’ai démarré ce livre avec ma coautrice Ashley, c’est intéressant comme le livre a commencé par une question. La question est venue d’Ashley : « Si Bouddha a dit que tous les êtres vivants ont la nature de Bouddha, alors pourquoi Bouddha a donné une longue liste de choses à faire pour atteindre l’éveil ? »
Je suis un moine bouddhiste, qui a étudié et grandi dans un monastère. Au début, cette question était un peu comme questionner ma foi dans le bouddhisme tibétain. Nous avons tellement de choses à faire. Par exemple, pour devenir éveillé, il ne suffit pas d’attendre seulement dans cette vie, mais des milliers de vies, parfois un nombre infini. Tu dois faire 100000 prosternations, tu dois réciter 100000 mantras de Vajrasattva ou tu dois aller faire une retraite, pas seulement pour 3 ans, peut-être même 3 fois 3 ans.
Donc quand Ashley m’a posé cette question, si nous sommes tous éveillés par nature, pourquoi avoir toute cette liste de choses à faire pour atteindre l’éveil ? C’est ainsi que nous avons démarré le livre, et j’ai réfléchi à cette question. J’ai réalisé que du point de vue bouddhiste, nous avons la nature du Bouddha et que l’éveil n’est pas un accomplissement, c’est une réalisation. Tu réalises seulement ce que tu es et qui tu es. Quand tu réalises cela, il n’y a plus besoin de faire quoi que ce soit d’autre.
Ce que cela change pour toi, concrètement
Si tu lis ce texte parce que tu cherches plus de paix intérieure, la leçon principale est simple : arrête de confondre effort et tension. Dans la pratique, on constate souvent que beaucoup de personnes s’épuisent à vouloir “réussir” leur méditation, leur développement personnel ou leur chemin spirituel. Or, plus tu transformes cela en performance, plus tu risques de t’éloigner de l’expérience directe.
Concrètement, cela ne veut pas dire qu’il faut ne rien faire. Cela veut dire qu’il faut agir sans obsession du résultat. Tu peux méditer, lire, pratiquer, te remettre en question, mais en gardant une qualité d’ouverture. C’est cette nuance qui change tout : pratiquer pour explorer, pas pour forcer une récompense intérieure.
Dans la vie quotidienne, la même logique s’applique. Si tu veux être plus serein, plus concentré ou moins dans le contrôle, commence par observer quand ton mental fabrique une condition du type : “je serai bien seulement quand…” C’est souvent là que naît l’insatisfaction.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Confondre désir sain et attachement : vouloir avancer n’est pas un problème, mais vouloir absolument obtenir un résultat crée souvent de la tension.
- Croire que l’éveil se mérite comme une récompense : cette idée pousse à accumuler les pratiques comme si elles garantissaient mécaniquement un résultat.
- Attendre des conditions parfaites pour être bien : dans les faits, cette attente repousse sans cesse le moment présent.
- Transformer la spiritualité en performance : plus tu veux “réussir”, plus tu risques de perdre la simplicité de l’expérience.
Comment appliquer cela dans la pratique
Si tu veux tester cette approche sans tomber dans le flou, commence simplement par trois questions : qu’est-ce que je ressens maintenant ? qu’est-ce que j’attends de plus ? et est-ce que cette attente m’aide vraiment ? Cette petite vérification intérieure peut déjà faire baisser la pression.
Ensuite, essaie de distinguer ce que tu peux réellement faire de ce que tu veux contrôler. Tu peux choisir de méditer, de ralentir, de respirer, d’observer. Tu ne peux pas forcer un état intérieur à apparaître au moment exact où tu le veux. C’est précisément ce décalage qui nourrit la frustration.
Si tu rencontres ce problème régulièrement, il est souvent utile de revenir à une pratique plus simple, plus directe, moins ambitieuse. Dans la majorité des cas, c’est la simplicité qui remet de la clarté là où l’excès d’objectif a créé de la confusion.
FAQ
Qu’est-ce que l’éveil selon ZaChoeje Rinpoché ?
L’éveil est une réalisation de ce que tu es déjà. Il ne s’agit pas de fabriquer un état spécial, mais de reconnaître une réalité présente depuis le départ. Dans cette perspective, le problème n’est pas l’absence d’éveil, mais les constructions mentales qui t’empêchent de le voir.
Pourquoi dit-il qu’on ne peut pas créer l’éveil ?
Parce que l’éveil n’est pas un objet à produire par effort. Tu peux créer une idée de l’éveil, mais pas l’éveil lui-même. En pratique, cela veut dire qu’il faut éviter de transformer la recherche spirituelle en course au résultat.
Quelle est la différence entre désir et attachement ?
Le désir est naturel et utile, tandis que l’attachement ajoute une tension, une peur ou une exigence. Le désir peut te faire avancer, mais l’attachement te fait souffrir quand la réalité ne correspond pas à ce que tu veux. C’est surtout l’attente rigide qui pose problème.
Pourquoi parle-t-il de “porte arrière vers l’éveil” ?
Parce qu’il veut montrer qu’il existe une voie plus directe que la logique des listes, des règles et des récompenses. La “porte arrière” consiste à reconnaître ce qui est déjà là, au lieu de croire qu’il faut tout construire de zéro. C’est une image pour parler d’une réalisation immédiate.
Faut-il arrêter de faire des efforts pour être heureux ?
Non, il ne s’agit pas d’abandonner toute pratique ou toute action. Il s’agit d’arrêter l’effort crispé qui cherche absolument un résultat. En pratique, tu peux continuer à agir, mais avec moins de tension et moins d’attente.
Comment reconnaître si mon désir devient de l’attachement ?
Tu peux le reconnaître quand ton désir devient conditionnel, anxieux ou difficile à lâcher. Si tu te dis “je serai bien seulement si…”, tu es probablement déjà dans l’attachement. Le signe le plus clair, c’est la perte de liberté intérieure.
Peut-on être heureux sans raison ?
Oui, c’est précisément l’idée défendue dans l’extrait. Le bonheur sans condition est présenté comme plus pur et plus authentique. Cela ne veut pas dire ignorer les difficultés, mais ne pas dépendre entièrement d’elles pour aller bien.

